Passionné depuis son plus jeune âge par la course camarguaise, Max Zaffaroni forme, depuis 20 ans, les champions de demain au sein de l’École fosséenne de raseteurs.

Son premier coup de foudre, Max Zaffaroni a certainement dû l’avoir à l’âge de 10 ans. Habitant à Marseille, il a l’occasion de participer pour la première fois à une course camarguaise. Max se souvient : « J’étais avec mon beau-frère, de 12 ans mon aîné. Il était déjà raseteur. Un jour, il me propose de réaliser mes premiers rasets, en affrontant des veaux emboulés, dans les arènes de Maussane. Ce jour-là a été une véritable révélation pour moi. Dans l’arène, on ressent une vraie montée d’adrénaline. Depuis cette première expérience, j’ai toujours été fasciné par les taureaux. J’étais hyper motivé ! Alors que je jouais déjà au football, je décide de tout arrêter pour pratiquer la course camarguaise.» La passion est là, elle ne le quittera plus. Aujourd’hui, du haut de ses 62 ans, Max se souvient de son apprentissage ou encore de sa première compétition à l’âge de 14 ans. Il se rappelle aussi son départ de Marseille pour rejoindre une terre de taureaux, à Maussane puis ensuite à Raphèle-les-Arles. À force de travail et de détermination, le palmarès s’enrichit avec, entre autre une seconde place au Trophée de l’avenir et une entrée dans les 10 premières places du Trophée des as. Mais, à l’image de beaucoup de raseteurs, sa vie est aussi marquée par les blessures, souvent légères, parfois plus importantes. Max précise : « Au fil des compétitions, je me suis blessé à de nombreuse reprises. À 32 ans, je suis touché plus durement par un coup de cornes et je ne pouvais plus raseter au plus haut niveau. Pour autant, pas question pour moi de tout arrêter, j’ai voulu rester dans l’arène en devenant tourneur, la personne qui aide le raseteur en attirant le taureau pour le placer et préparer une course favorable.» Même si ses blessures freinent sa carrière, elles n’entachent en rien sa passion pour la course camarguaise. Quand, en 2001, Olivier Laurent, le président de l’École fosséenne de raseteurs, le contacte pour entraîner les plus jeunes, il accepte avec la volonté de former de futurs champions. Max se rappelle de ses premières années : « Il y avait dans le groupe des jeunes vraiment très intéressants, qui ont ensuite fait un très beau parcours comme Guillaume Périn, Damien Moutet, Raphaël Solera, Mathieu Marquier ou encore Geoffrey Ferriol. » Ces noms, biens connus des Fosséens et des passionnés de courses camarguaises, ont réa-lisé de très beaux parcours. Au total, en 20 ans, entre 120 et 150 jeunes sont déjà passés « entre les mains expertes » de Max qui ajoute : « Nous formons tous une vraie famille. Avec Hicham Fadli, l’éducateur adjoint de l’École fosséenne des raseteurs, nous pouvons compter sur le soutien des anciens, qui viennent régulièrement nous donner un coup de main ».  Aujourd’hui la course camarguaise a toujours la côte et des élèves motivés, désireux de réaliser une belle carrière. Plus largement, Max précise : « Très souvent, les jeunes viennent nous voir après avoir assisté à des Toros-piscines. Très vite, la curiosité laisse la place à la passion. Il s’agit d’un sport qui demande une très bonne condition physique et nous sommes là pour encadrer les jeunes afin qu’ils puissent raseter en toute sécurité.» Lorsque l’on demande à Max s’il souhaite un jour s’arrêter, la réponse fuse immédiatement : « Je prends toujours autant de plaisir à venir dans les arènes, je suis entouré de personnes très motivées et la passion est aujourd’hui toujours aussi forte. Parfois, après une dure journée, je me dis que je vais arrêter, mais cela ne dure jamais très longtemps. En réalité, j’espère même continuer encore pendant de nombreuses années. »