Rencontré en mars 2018, Jo, l'entraîneur du Foc, allait courir le Marseille-Cassis pour la 40e fois !

II arrive avec une valise pleine de souvenirs : dossards, tee-shirts, photos, coupures de presse… « Il y a 39 ans de Marseille-Cassis là-dedans ! », explique Jo Maggiore. 

L’homme affiche ce record peu banal : il a couru toutes les éditions de cette course mythique et s’apprêtait le 28 octobre 2018 à s’aligner au départ une 40e fois. Âgé de 68 ans à l'époque, le bougre est toujours en pleine forme ! Il a simplement troqué depuis 6 ans l’entraînement de course à pied pour du vélo, à cause de douleurs aux genoux. Un souvenir de l’époque où il jouait au football, à l’AS Sainte-Marguerite, où il a laissé ses deux ménisques.

Ce grand sportif a aussi beaucoup pratiqué l’aviron, remportant même le titre de champion de France des clubs avec le Cercle d’Aviron de Marseille en 1977 ! S’il est né en Tunisie, dans une famille d’origine sicilienne, c’est bien dans la cité phocéenne, où il arrive à l’âge de 6 ans, qu’il grandit. « Nous habitions la Campagne Picon, se souvient-il, c’était plein de champs où nous jouions au foot, pas du tout comme aujourd’hui, c’était vraiment la campagne. »

L’essentiel de sa carrière professionnelle se fera à Naphtachimie, durant 35 ans, comme technicien en régulation et automatisme. Au Club Naphtachimie Sports, il se fait une joyeuse bande de copains, avec lesquels il participera au 1er Marseille-Cassis en 1979. Tout part de sa rencontre avec André Giraud, ancien coureur à pied et actuel président de la Fédération française d’athlétisme. Jo faisait partie de l’organisation de la Venise Provençale (4e édition cette année-là, organisée par le CNS Lavéra), très prisée par les coureurs à pied de la région. André Giraud lui fait part de son désir de créer Marseille-Cassis. Jo en a encore les yeux qui brillent : « Traverser le massif des calanques en passant par le col de la Gineste, c’est fabuleux ! » C’est donc la beauté du parcours qui le décide, avec ses copains de Naphta. « Chaque année, on comparait nos temps, c’était un challenge interne à l’usine. À ce jour, nous sommes deux codétenteurs, du record des 39 participations, avec mon copain Alain Benoît de Gap. J’ai fini la 1re course, qui faisait 22 km, à la 10e place en 1h20’56’’ dans la Gineste qui n’était pas interdite à la circulation ! » Quelques mois plus tard, il se met vraiment à la course à pied, au Martigues Sport Athlétisme : « Je courais les cross l’hiver, le 5000 m, le 10 000 m et le marathon ; j’ai fait 3 championnats de France de marathon et 2 de semimarathon ».

Pour le 40e Marseille-Cassis, sa femme Yvonne (2e féminine en 1h34’’ en 1980) et son fils Patrice lui avait promis de participer à ses côtés. Avec Patrice, il en a déjà couru 8. La 1re fois qu’ils se sont alignés ensemble est du reste son meilleur souvenir : « Je courais avec lui, je le guidais, c’était formidable. Il a fini en 1h19’’, 2e meilleur junior derrière un Kényan qui venait d’être champion du monde de semi-marathon ! Mon record absolu est de 1h12’, en 1987, mais j’ai préféré mon temps de 1h14’ en 1984, parce que l’arrivée était 823 m plus loin et en côte, au stade du Pignier. » Depuis 2003, Jo a rejoint le Fos Olympique Club en tant qu’entraîneur et c’est sous sa houlette que s’est créée la véritable école d’athlétisme du club, avec l’aide de Sophie Godinez, secrétaire : « On a commencé à 13 ou 14 jeunes et aujourd’hui, on en est à 107, en seulement 5 ans ! »

Détenteur du brevet d’État qu’il a passé à 61 ans, il choisit de rester bénévole : « Ce que j’aime, c’est transmettre ce qu’on m’a donné, ce qu’on m’a appris, ce que je sais et surtout la passion du sport ».