Deux disciplines différentes, deux générations, deux grands champions : nous avons organisé la rencontre des deux sportifs fosséens qui ont hissé au plus haut les couleurs de la ville en 2020.

Edouard Choquet, 32 ans, 1m88, capitaine de Fos Provence basket ; Christo Popov, 18 ans, 1m80, joueur du Badminton club Fos et de l’équipe de France.

Pour la rédaction de Votre Mensuel, ils sont les champions fosséens de l’année 2020. Le meneur de jeu des BYers a remporté avec ses copains de Fos Provence basket la Leaders cup le 23 novembre dernier, offrant ainsi au club son premier titre au niveau professionnel gagné sur une finale sèche. Il raconte : « Le contexte était difficile ; il y a eu le confinement, des matchs annulés, des matchs reportés, des matchs dont on ne sait pas si on va les jouer et finalement on les joue, on ne les joue pas… On ne savait jamais d’une semaine à l’autre ce qu’on allait faire. On a réussi à rester mobilisés, à jouer avec les blessés, notamment la finale puisqu’on a joué avec 6 joueurs valides (au lieu de 10). On a fait un parcours sans faute en Leaders cup jusqu’à la finale où l’on joue en plus contre Quimper qui est l’une des plus belles équipes de Pro B, on joue à 6 donc largement diminués et puis on gagne ! C’est beau. C’est bien pour les joueurs, bien pour le club : on repart sur un titre et on reconstruit quelque chose de bien. »

Même si Édouard a été champion de France de basket avec l’Asvel et qu’il est né à Limoges où il a fait ses débuts à 7 ans, ce titre avec Fos revêt une importance toute spéciale : « J’ai toujours eu un attachement particulier à ce club, où j’avais joué avant de partir à l’Asvel, et puis je suis revenu ». Le capitaine évolue en effet au sein des BYers pour la 8e saison ! Christo Popov, pour sa part, n’a jamais bougé de Fos, où il est arrivé à l’âge de deux ans après être né en Bulgarie.

Il faut dire que son entraîneur n’est autre que son père, Toma Popov senior, qui a bâti autour de ses fils – Toma Junior est lui aussi un grand joueur, ex champion d’Europe junior et actuel N°2 français, derrière… Christo – un staff ultra compétent, avec préparateur physique, podologue… « Je n’aurais pas eu un tel succès si je n’étais pas resté à Fos », juget-il.

Son année 2020 est proprement époustouflante : en février, il devient champion de France senior alors qu’il est encore junior – « Je suis le plus jeune champion de France de l’histoire » -, puis il remporte dans la foulée le grand prix des Pays-Bas en junior, l’un des 4 « grands chelems » de badminton. Puis survient le confinement, puis le déconfinement, et Christo va disputer avec son frère Toma un autre tournoi du grand chelem (Super 750 comme on dit en badminton) au Danemark, cette fois chez les seniors : « C’était la première fois qu’on jouait avec mon frère un tournoi de ce niveau ».

Et pour clore l’année, les championnats d’Europe junior en Finlande, où il remporte le titre en simple, une médaille de bronze en double mixte et l’argent en équipe avec les Bleus ! « C’est sur une seule saison ou sur une carrière ? », fait mine de l’interroger dans un éclat de rire le basketteur, impressionné. Le dialogue se noue entre les deux champions, comparant leurs parcours et expériences. Avec la question de l’hygiène de vie et des sacrifices pour évoluer au plus haut niveau. « Avant une grande compétition, on fait très attention, mais le reste du temps on s’autorise parfois de petits écarts, mais pas de façon démesurée », confie Christo.

Édouard approuve : « Il ne faut pas louper sa jeunesse, sous peine d’un jour "péter les plombs". On ne peut pas sacrifier tout, tout le temps ! Il faut parfois lâcher la soupape. » Le tout reste d’être assez sérieux pour se maintenir au top, ce que nos deux sportifs sont bien déterminés à réussir !