Le député-maire Babacar Mbengue est actuellement en pleine session extraordinaire budgétaire à l'Assemblée nationale du Sénégal, sept jours sur sept jusqu'au 9 décembre. Il a néanmoins tenu à venir saluer l'équipe des bénévoles de l'association Fos Hann Bel-Air partage, conviée en mairie, pour des retrouvailles particulièrement chaleureuses, avec force accolades : « Je veux vous féliciter de votre implication, que ce soit du côté de Fos ou de Hann Bel-Air, a-t-il déclaré. C'est dommage que notre ami Jean Hetsch... J'aurais voulu qu'il soit là, mais je suis sûr qu'il nous suit, de l'autre côté, et il sera très fier de voir que les choses se présentent très bien. René Raimondi, qui est l'ancien maire comme le nouveau maire, est là pour assurer le suivi et surtout magnifier l'engagement de chacun de vous. » Amédée Piloni, le nouveau président de l'association fosséenne, avoue avoir été touché par cet accueil : « Avec les liens qui se sont tissés depuis 2013, date du jumelage entre nos communes, nous sommes vraiment devenus des amis. On parle d'une famille et c'est la même chose quand nos amis hannois viennent à Fos. C'est le cœur qui parle. »

Des formations sur la sécurité pour les pêcheurs

Présent lors de cette entrevue, Bacar Fall, le conseiller technique pêche du maire de Hann, qui le présente comme « un acteur principal du projet », a longuement échangé avec les bénévoles fosséens : « C'est un ancien pêcheur et l'expérience vient des anciens, souligne Amédée Piloni. Il m'a expliqué qu'il n'y avait pas que les pêcheurs de concernés mais l'ensemble des acteurs du monde de la pêche, pas moins de sept corps de métier qui vont graviter autour de cette Maison : mareyeurs, écailleurs, ceux qui s'occupent de la commercialisation, du transport du poisson... Tous travaillent ensemble et la Maison des pêcheurs sera pour eux un outil pour se réunir et gérer tout ça. Il m'a aussi parlé de leurs difficultés, avec le prix du carburant qui augmente et la nécessité d'aller de plus en plus loin au large, à cause des effets néfastes causés par les gros chaluts. Enfin, nous avons évoqué la sécurité : il s'est inquiété du fait que les jeunes ne soient pas conscients du danger, qu'ils pensent qu'ils ne risquent rien parce qu'ils sont forts... Il a à cœur de les préserver et la Maison des pêcheurs servira aussi pour faire des formations concernant la sécurité. »

Trois mois de travaux

Après cette rencontre en mairie, la petite délégation s'est transportée jusqu'au site même du chantier, accueillie par l'entrepreneur, spécialisé dans ce type de constructions en milieu maritime, et par Khady Dieng-Dia, ingénieure en génie civil de la Ville de Hann Bel-Air. Une jeune femme à l'autorité reconnue de tous: « Pour le séchage de la dalle, c'est 21 jours, pas un de moins », a-t-elle ainsi répondu à qui s'inquiétait des délais, sans que personne ne trouve à y redire ! Comment le chantier va-t-il se dérouler ? Bonne question, alors que ce qui reste du bâtiment originel est réduit à l'état de ruine. « Au départ, il était prévu d'entièrement le démolir pour ensuite le reconstruire, se souvient le président de Fos Hann Bel-Air partage. Finalement, ils vont procéder différemment, en se servant de l'existant comme remblais. Ils vont surélever la semelle d'1m20, compte tenu de la proximité de la mer, à 1m en-dessous, en utilisant pour cela les gravats des murs existants, lorsqu'ils les feront tomber. Ça évitera de devoir les évacuer à l'aide de gros engins, ce qui aurait été très compliqué au vu du manque de place disponible sur le site et de la proximité des riverains. C'est très intelligent ! Ensuite, ils construiront les murs du rez-de-chaussée et d'une terrasse, avec la possibilité ultérieurement de monter jusqu'à deux étages, avec des fondations prévues pour le supporter. » Durée des travaux prévue par l'intraitable ingénieure : trois mois.

Alors que le chantier n'a en réalité débuté que la semaine dernière, du fait de nombreux impondérables, les bénévoles de l'association ont rendez-vous vendredi pour y participer concrètement, ne serait-ce que de façon symbolique. « On vous donnera des pelles ! », a promis Khady Dieng-Dia. Une importante réunion se tiendra le lendemain avec les représentants des pêcheurs professionnels ainsi que ceux du ministère sénégalais de la Pêche. Et les volontaires fosséens ont d'ores et déjà rencontré, avec un excellent accueil, le Conseil de quartier local et son chef. En attendant, deux nouvelles rencontres sont prévues, avec les enfants hannois cette fois : une visio-conférence pour les relier à ceux de la Maison de quartier de La Tuilerie et un atelier de création de bijoux, événements sur lesquels nous aurons l'occasion de revenir. 

De notre envoyé spécial à Hann Bel-Air !