Quinze mètres de haut pour un poids de 19 tonnes chacun, sur des caissons cubiques de huit mètres pesant 100 tonnes la pièce : les deux bras cryogéniques construits par ADF (Ateliers de Fos), dans son unité de chaudronnerie à haute valeur ajoutée de la Feuillane, seront hissés en haut du mât de la table de lancement de la future fusée Ariane 6, sur le pas de tir de Kourou (Guyane) – le premier vol est prévu pour l’été 2022. Ces bras cryogéniques alimenteront les réservoirs de l’étage supérieur, l’un en hydrogène liquide, l’autre en oxygène liquide, puis pivoteront au moment du décollage afin de libérer le lanceur. « La fabrication de ces éléments a été réalisée sur l’année 2018, explique Cyril Vidal, directeur du projet au sein du groupe ADF. Les opérations de montage sur le site de Fos ont débuté début 2019 avec un démarrage des essais de mise au point en juillet 2019. Se sont enchaînées ensuite les opérations de qualification en présence du Cnes à partir de fin 2019 jusqu’à juillet 2020, ralenties par la crise sanitaire et le confinement. Durant le deuxième semestre 2020, des essais appelés ECT (Early combined tests) ont été menés avec la présence du Cnes, d’Ariane Group et de l’ESA (Agence spatiale européenne), pour qualifier le système dans des conditions proches de celles d’un décollage à Kourou. » Pas question de se manquer, la performance des bras cryo dans la séquence de lancement étant cruciale : « Cette manœuvre demande une grande précision pour, quasi simultanément, déconnecter les bras, mettre les flexibles d’alimentation à l’abri du feu dégagé par les boosters et laisser passer le lanceur en évitant tout contact avec lui », explique-t-on au Cnes. Problématique confirmée à Fos par Cyril Vidal : « Les principales difficultés rencontrées ont été la mise au point et la qualification du système du fait de contraintes techniques très fortes, avec notamment des temps de retrait des éléments lors de la phase de décollage extrêmement courts ». D’où la nécessité impérative de procéder à une batterie de tests des plus pointilleux : « La campagne d’essais menée à Fos-sur-Mer a consisté à simuler le fonctionnement mécanique des deux bras dans des conditions proches d’un lancement tel qu’il se déroulera à Kourou, sur une maquette de lanceur représentative. Ils ont permis de valider le dimensionnement des pièces, le comportement des équipements, le bon déroulement des phases de déconnexion, rétraction et protection », approuve le Cnes. Après avoir passé toutes ces épreuves avec succès, les performances seront à nouveau vérifiées lors des essais à Kourou même, ce qui sera fait mi-avril avec, cette fois-ci, tous les autres systèmes du pas de tir, nanti de ses bras cryo made in Fos.

ADF en bref
Le groupe ADF (Ateliers de Fos), fondé il y a 40 ans, compte 3 900 salariés répartis dans 14 pays sur 4 continents. Il est l’un des acteurs majeurs des services en ingénierie et maintenance pour l’industrie autour de trois activités : l’ingénierie et l’expertise, la fourniture d’équipements de production et d’essais, les services en production et maintenance. Le groupe ADF intervient dans les secteurs de l’aéronautique, spatial & défense, énergie, industrie, oil & gas.