« Dans la mesure de nos possibilités, nous sommes là pour aider nos amis sénégalais, chaque fois que nous pouvons leur être utiles », explique Alain Claessen, fraîchement retraité des Dépôts pétroliers de Fos - et de la présidence de l'association Fos Hann Bel-Air partage, après avoir passé la main à Amédée Piloni. Aussi les bénévoles fosséens, venus dix jours à Hann Bel-Air dans le cadre du chantier solidaire de la Maison des pêcheurs, ne se limitent-ils pas à ce chantier mais étendent leurs interventions à d'autres sujets, suivant les opportunité et les demandes du Comité de jumelage local. Aussi ont-ils répondu présent, après la visioconférence qui a réuni les enfants de la Maison de quartier de La Tuilerie et ceux d'une école hannoise et avant un atelier de création de bijoux artisanaux cet après-midi avec d'autres enfants de la commune, lorsque la Ville de Hann a organisé un colloque dans l'enceinte du ministère sénégalais de l'Environnement et du Développement durable. De par son expérience professionnelle, Alain Claessen était l'homme de la situation pour animer cette session et s'y est prêté très volontiers : « Quand il s'agit de communication, je me fais plaisir ! », confesse-t-il avec gourmandise.

Les risques industriels, thématique commune aux deux villes jumelles

Comme Fos-sur-Mer, Hann Bel-Air est adossée à un important complexe industrialo-portuaire, en l'occurrence celui du port autonome de Dakar. Ses installations, essentiellement pétrolières et gazières, représentent même à elles seules 60% des industries de tout le Sénégal ! La thématique des risques majeurs est donc particulièrement prégnante et a représenté le sujet de la présentation préparée par Alain Claessen. Après avoir rappelé l'évolution des règlementations européennes en la matière, avec Seveso I, II et III, et décrit les politiques de gestion des risques mises en œuvre sur le vieux continent, le bénévole fosséen a insisté sur tous les bénéfices apportés par la communication sur le sujet entre les industriels, les élus et la population.

Photo : Mamadou Sall 

Devant les caméras de la Radio télévision sénégalaise et en présence de Christine Bourdel, consultante bénévole en coopération internationale qui s'est liée d'amitié avec les membres des deux comités de jumelage, côté fosséen et hannois, Babacar Mbengue, député-maire de Hann Bel-Air, ainsi que son Premier adjoint Makhtar Diao, ont présidé le débat qui s'est engagé à la suite de la présentation d'Alain Claessen. Tous les acteurs du domaine de la sécurité et de la préservation de l'environnement s'étaient rassemblés pour ce colloque : outre plusieurs élus de la ville de Hann Bel-Air, on trouvait ainsi autour de la table les responsables du port autonome de Dakar, de la Société africaine de raffinage, de la Sécurité civile, de la gendarmerie et de la gendarmerie maritime, des sapeurs-pompiers, de la protection du littoral, ainsi qu'une inspectrice des installations classées, une représentante d'un cabinet d'audit en risques technologiques et plusieurs responsables associatifs de quartiers. Comme ceux que nous connaissons bien à Fos-sur-Mer, le débat fut parfois vif ! Mais tous se sont accordés à souligner l'importance pour toutes ces parties de communiquer entre elles, jetant ainsi les bases d'une fructueuse concertation future.

Une sortie culturelle pour finir

Parce que la culture, le partage et l'amitié sont au cœur du jumelage entre Fos-sur-Mer et Hann Bel-Air, au terme de cette dense journée de travail, les bénévoles fosséens ont assisté au cinéma Pathé Mermoz de Dakar à la projection du film Xaléles blessures de l'enfance, en présence de l'actrice principale, Rokhaya Niang, et des Frères Guissé, amis de longue date de l'association Fos Hann Bel-Air partage, qui en ont composé et interprété la musique tout en faisant partie de ses acteurs. Ce long-métrage, signé du réalisateur Moussa Sène Absa, traite de la résilience féminine et représentera le Sénégal aux Oscars 2023.