« Lors de sa visite d’avant l’ouverture du centre d’accueil communal (CCAS) pour réfugiés ukrainiens du Domaine de la Mériquette, le sous-préfet Régis Passerieux avait été impressionné par la qualité des prestations mises en place, rappelle Christiane Chouzenoux, la directrice du Centre communal d’action sociale (CCAS). Les réfugiés communiquent beaucoup entre eux, à travers toute la France. Celles qui sont ici sont très reconnaissantes de l’accueil qu’elles ont reçu. » Il est vrai que le bâtiment lui-même offre de très bonnes conditions d’hébergement. Vingt-cinq personnes en bénéficient : 4 garçonnets d’une dizaine d’années, 2 adolescents de 16 ans, un bébé de 2 ans et 18 femmes – les hommes de 18 à 60 ans n’ont pas le droit de quitter le territoire ukrainien. Parfait pour la mise à l’abri : au moins échappent-ils aux bombes et à la guerre qui ravage leur pays.

Des rencontres humainement magnifiques

À présent que ces personnes sont ici, et très heureuses d’y être, elles se trouvent néanmoins aux prises avec des formalités administratives compliquées à assumer, notamment du fait de la barrière de la langue. C’est là qu’intervient à nouveau le CCAS : « Dans l’attente du versement
par l’État de l’Allocation pour demandeur d'asile, qui intervient au minimum 45 jours après la réception d’une carte délivrée par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), nous leur versons une aide de 100 € par personne et nous les aidons à constituer leur dossier pour la
sécurité sociale, nous les accompagnons physiquement à la sous-préfecture et à l’Ofii, avec les agents du CCAS et Stan Karwat, le coordinateur du centre
», détaille Christiane Chouzenoux. Nous vous avons déjà présenté dans un précédent numéro de Votre Mensuel le « citoyen du monde » d’origine polonaise, Fosséen depuis 20 ans, qui s’est spontanément mis à la disposition
de la municipalité pour venir en aide au peuple ukrainien et n’a eu de cesse d’ensuite se mobiliser. Il a par exemple utilisé son carnet d’adresse pour trouver des aides au centre d’accueil. « Le Rotary de Fos vient justement de nous faire le don de vélos, pour les déplacements des
résidentes, signale Stan Karwat, dont le rôle de coordinateur est précieux. Entre slaves, nous parlons des langues voisines et nous nous comprenons. J’essaie de mettre de l’huile dans les rouages. Ce n’est pas simple de se retrouver à vivre en collectivité avec des personnes qu’on
ne connaît pas, après avoir vécu ce qu’ont vécu ces gens, ce que nous ignorons : il faut
se mettre à leur place !
» L’assistance du CCAS ne se limite pas à l’hébergement, la
restauration – avec des repas de la cuisine centrale - et les formalités administratives :
« Nous les accompagnons dans toutes leurs démarches d’accès aux droit, pour
la scolarité et le centre de loisirs pour les enfants, nous leur faisons bénéficier des
animations et activités avec le Centre social fosséen et la Maison pour tous, complète
la directrice. Les cours de français dureront tout l’été. C’est exceptionnel puisqu’ils
s’interrompent normalement en juillet et août. Mais apprendre le français est un préalable indispensable pour l’étape suivante que nous avons déjà engagée avec elles : l’accompagnement vers l’emploi. Trois d’entre elles travaillent déjà, comme femmes de chambre. C’est parfois
compliqué pour elles de se projeter – elles veulent toutes rentrer au pays ! Mais quoi qu’il en soit, ce sont des rencontres humainement magnifiques.
» Ce n’est pas Stan Karwat, que le bébé du centre appelle Papa, qui dira le contraire.