Les lichens présentent l’avantage d’être présents un peu partout dans notre environnement. On retrouve cette sorte de mousse végétale sur les arbres, le sol ou encore sur les rochers, avec des teintes différentes, jaunes, vertes ou grisâtres. Pour les scientifiques, ils représentent un très bon indicateur de la qualité de l’air car ils possèdent la caractéristique d’accumuler l’ensemble des polluants comme les métaux, les hydrocarbures, les dioxines, les pesticides et autres produits chimiques. Pour la sixième fois depuis 2011, l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions (IECP) mène actuellement une vaste étude de biosurveillance de la qualité de l’air par les lichens, à l’échelle métropolitaine, avec pas moins de 41 points de collecte sur l’ensemble du territoire, notamment à Fos-sur-Mer, autour de l’étang de Berre, à Aix-en-Provence, Marseille ou encore Gardanne.

 Un bon indicateur de la qualité de l’air

Organisée il y a quelques semaines, la campagne de prélèvement puis de préparation des échantillons laisse aujourd’hui sa place aux analyses chimiques. Suite à ce travail qui devrait durer plusieurs mois, l’équipe de l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions va se concentrer sur l’interprétation des résultats portant sur une cinquantaine de polluants. Philippe Chamaret, directeur de l’IECP explique : « L’étude des lichens nous permet d’avoir une cartographie précise de la pollution de l’air, d’étudier son impact selon les secteurs géographiques et d’en savoir plus sur les sources des rejets industriels et domestiques ou encore le trafic routier. Cette vue d’ensemble à l’échelle métropolitaine offre également la possibilité d’évaluer la pertinence des mesures mises en place par les sites industriels pour lutter contre la pollution. Cette étude améliore notre connaissance scientifique du territoire, en suivant l’évolution de la situation. Ces données représentent un outil important pour accompagner les acteurs locaux dans leur prise de décision afin d’adapter les mesures à prendre pour améliorer la qualité de l’air. » 

L'IECP : un modèle qui s'exporte

Les 9 et 10 novembre derniers, l’association Amaris, Association nationale des collectivités pour la maîtrise des risques technologiques majeurs, dont la Ville de Fos-sur-Mer fait partie, était en séminaire dans notre commune. Pour l’occasion, 16 élus, représentant des collectivités du Nord de la France, de Normandie, de la région lyonnaise voire même de Martinique ont été accueillis par Jean Hetsch, maire de Fos-sur-Mer, avant d’entamer deux jours de travail consacrés notamment à la défense des intérêts des collectivités accueillant des activités industrielles sur leur territoire. La délégation a ensuite rencontré les équipes de l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions (IECP). Créé en 2010 par la volonté de la Ville de Fos-sur-Mer et le San Ouest-Provence, l’IECP reste aujourd’hui encore un modèle unique pour améliorer la connaissance scientifique autour des questions sanitaires et environnementales, en travaillant au plus près des populations et des acteurs du territoire. De nombreuses collectivités en France réfléchissent actuellement à la création de leur propre centre d’étude. En octobre, Philippe Chamaret, le directeur de l’IECP, était d’ailleurs en Haute-Savoie pour participer à une réunion d'information sur la création d'un Institut écocitoyen du Mont Blanc. D’autres projets sont aussi à l’étude à Rouen, Narbonne, Strasbourg ou Dunkerque.