Né à Marseille mais Fosséen depuis 1987 – « C’est Claude Rossi qui m’a marié en 1988 », précise-t-il -, Michel Roussel n’a couru son premier marathon qu’à l’âge de 57 ans, débuts plutôt tardifs ! « C’était en 2008, se souvient-il. Jusqu’alors, je faisais des courses, des semi-marathons parfois, mais le marathon lui-même me faisait peur. Et puis un copain m’a drivé et c’était parti ! » Cette première expérience s’avère si concluante que Michel Roussel se met ensuite à enchaîner au rythme d’un ou deux marathons chaque année. Il inscrit ainsi à son palmarès les courses de Berlin, Paris, Marseille, Rome, Londres, Jérusalem… « J’ai fait celui de New York pour mes 60 ans », complète-t-il. Depuis le 9 octobre dernier, il faut désormais ajouter à la liste le marathon de Chicago, le 18e pour notre homme. Impressions ? « La ville est très belle, répond-il d’abord. C’est une façon agréable et originale de visiter une ville ! Sinon, il y a une ferveur populaire extraordinaire, qui fait que tu es encouragé à tout moment. Notamment les Français : j’ai entendu plusieurs fois “Allez la France” à mon passage ! Sur 45 000 participants, il y avait 1100 Français. La veille de la course, nous avons été invités au consulat, c’était sympa. » Et physiquement ? « J’ai souffert les 7 ou 8 derniers kilomètres !, avoue notre coureur. C’est plus dur qu’il y a dix ans, parce que je me fais vieux… Je voulais mettre moins de 5h et j’ai fait 5h35. Loin de mon record, qui date de 2012, à Florence : j’avais mis 4h10. »


Pour une activité physique régulière

À la lumière de son expérience personnelle, c’est le message que cet élu du Comité seniors, instance qui participe à gérer avec la Ville le quotidien du foyer La Farigoule, tient à porter auprès de ses pairs les seniors : « On peut aller loin dans le sport. Hormis des pathologies particulières, il n’existe pas de limite absolue pour se dépasser, sauf celle qu’on se fixe soi-même. Avec moi a couru à Chicago une dame de 83 ans : elle a mis 6h30 mais elle l’a fait ! Tout le monde ne peut pas courir le marathon, chacun fait à son rythme et avec son niveau, mais je formule l’encouragement à conserver une activité physique régulière, excellent moyen de prévenir le surpoids, l’hypertension et les maladies cardio-vasculaires en général. » C’est un spécialiste qui vous le dit : Michel Roussel est médecin, et toujours en activité : « Je travaille à mi-temps, en cumul emploi-retraite, à l’Hôpital nord de Marseille et La Chrysalide d’Istres, en tant que neuro-pédiatre. Je continue d’abord à cause de l’abominable manque de médecins -  c’est compliqué d’abandonner des patients -  et aussi parce que mon métier est passionnant et épanouissant. Je suis pourtant pour le droit à la retraite à 60 ans  : je pense qu’on doit pouvoir s’arrêter, si l’on en a envie et qu’on est fatigué, dans des conditions décentes. » Et pour le marathon, c’est quand la retraite ? « Celui-là m’a quand même beaucoup fatigué - surtout avec le décalage horaire. À l’avenir, je ferai Martigues-Carro, Marseille-Cassis, mais pas d’autre marathon dans l’immédiat. Ça représente quand même 4 mois d’entraînement à raison de 6 à 8 h par semaine ! Je remercie d'ailleurs mon épouse pour sa compréhension. , même si je sais que ça lui coûte. Je ne dis pas que je n'en ferai plus jamais. »