Depuis la rentrée 2019, le collège André-Malraux de Fos-sur-Mer a ouvert une classe Manga et Culture japonaise, enseignement de découverte de la culture nippone au moyen d'un atelier manga, d'un apprentissage de la langue japonaise et de rapprochements culturels avec toutes les matières enseignées au collège. Les élèves bénéficient ainsi d'une heure hebdomadaire de manga, sous la direction du professeur en arts graphiques Julien Étienne, et d'une heure de langue japonaise, cours dispensé par Teddy Klopfenstein, président de l'association Ichigo Japon, qui promeut la culture pop et traditionnelle nippone. L'approche est également pluridisciplinaire, le Japon étant aussi abordé sous les prisme des Sciences et vie de la Terre, des mathématiques, de l'histoire... De la classe de 6e pionnière de la rentrée 2019, restent 16 élèves, aujourd'hui en 4e, qui poursuivront ce cycle pour une ultime année à la rentrée prochaine, n'ayant pu encore organiser leur voyage final au Japon du fait de la Covid. Et dès septembre, une nouvelle classe Manga et Culture japonaise sera proposée aux élèves de 6e.

La « voie de l'écriture », cet art sacré

En ce mardi 7 juin 2022, le collège André-Malraux s'est mis à l'heure nippone, à travers l'organisation de la Journée du Japon. Ainsi, une exposition de ses travaux graphiques a été mise en place le matin et trois inspecteurs de l'académie, le maire de Fos-sur-Mer, Jean Hetsch, et le consul du Japon chargé des Affaires culturelles, Yoshikazu Iwata, étaient aux côtés de la principale du collège, Nathalie Novier, pour admirer les œuvres des collégiens, auteurs notamment de plusieurs manga et yonkoma (bandes dessinées japonaises de quatre cases). Le consul n'était pas venu seul : les internationaux japonais Espoirs de football, qui ont disputé le tournoi Maurice-Revello à Fos-sur-Mer, étaient présents pour rencontrer les collégiens. L'après-midi, un atelier de calligraphie s'est tenu dans la classe de Julien Étienne, animé par un professeur inattendu : le consul lui-même ! À l'aide du matériel gracieusement mis à disposition par le Consulat général du Japon à Marseille (pinceau, encre liquide et pierre à encre), les collégiens se sont appliqués à reproduire les kanji, caractères chinois servant à l'écriture japonaise, que Yoshikazu Iwata traçait sous leurs yeux, une caméra filmant les évolutions de son pinceau sur le papier pour les projeter au tableau. La « voie de l'écriture », Shodo en japonais, est considérée comme un art sacré au pays du Soleil-levant, une façon d’améliorer sa concentration, de se connecter avec soi-même et d’affûter son esprit, tout en recherchant le parfait équilibre. La pression du trait à l'encre de Chine, la justesse du tracé, des lignes, des courbes et des points sont les détails qui font de cette discipline une véritable œuvre d’art. Et la maîtrise du consul en la matière a particulièrement impressionné les élèves ! Manifestement ravi, Yoshikazu Iwata plaisante avec la classe - « Nous avons déjà appris trois mots en une demi-heure ! », « Ce kanji est fait de seulement dix traits, c'est trop facile ! » -, va d'un élève à l'autre, corrige une courbe, encourage... « J'adore mon travail justement pour pouvoir rencontrer la jeunesse, nous a-t-il confié. Je suis très heureux d'être ici, dans ce collège. J'espère que les élèves garderont un bon souvenir de cet atelier et une bonne image du Japon. »