« Un très grand travail est à faire sur les différences entre humains, a résumé Nicolas Féraud, élu délégué à la Prévention, la Médiation et la Sécurité, en ouverture du ciné-débat sur la problématique des identités de genre. Qu'est-ce qui nous rassemble, toutes et tous ? Pouvons-nous accepter que ce soit le fait d'être humain ? Que devient l'acceptation de l'autre, quand la "norme" est omniprésente et que la pression sociale contraint, dans un contexte où les différences sont mises en avant, notamment par les réseaux sociaux ? N'est-ce pas pourtant notre diversité qui forge notre force ? Peut-on choisir, simplement, d'être soi-même ? » Telles sont les questions esquissées juste avant la projection du long-métrage Miss, une comédie très réussie signée Ruben Alves, qui met en scène l'histoire d'Alexandre, jeune homme androgyne qui poursuit son rêve d'enfant de devenir Miss France, sous les traits d'Alexandra, en une vraie-fausse imposture, tant ce garçon est d'une incroyable féminité lorsqu'il se travestit. Et si sa nature profonde était celle-là ? Sa quête s'avère en effet avant tout la recherche de sa propre identité, mi-femme, mi-homme. Et c'est très bien comme cela  ! Un « feel good movie », comme disent les anglo-saxons, un film positif dont on ressort avec un grand sourire et une plus grande foi dans l'humanité.

La jeunesse plus tolérante ?

Après la projection, un débat était proposé à la cinquantaine de personnes présentes, animé par Julia Mainetti, informatrice sociale au Centre d'information des femmes et des familles (CIDFF), Bérénice Michard, coordonnatrice de projets au Planning familial 13, Pascal Vienne, pédopsychiatre du Centre hospitalier de Martigues, et Marc Krawczyk, psychologue de l'Espace santé jeunes, sans oublier Mylène Reginato, psychologue et coordinatrice du CLSPD, et Nicolas Féraud déjà cité. Des échanges passionnants avec, par exemple, l'intervention d'une spectatrice d'origine vietnamienne qui a souligné que, si l'histoire de Miss est une fiction, un garçon a bel et bien été élu Miss Vietnam en 2018, puis Miss Asie du sud-est, dans une société pourtant très traditionnelle. « En chacun de nous, il y a du masculin et du féminin », a établi le pédopsychiatre. « Il ne faut pas confondre genre et sexe biologique, a insisté pour sa part Julia Mainetti. Le genre est une construction sociale. » Comment dès lors combattre les préjugés ? « Nous fonctionnons tous avec des stéréotypes, c'est normal, l'être humain a besoin de repères, a poursuivi la représentante du CIDFF. Il faut apprendre à les repérer et les déconstruire. » Peut-on espérer dès lors que les personnes « différentes » subissent moins de discriminations ? Peut-être, si l'on en croit l'intervention de Zélie, 15 ans, ancienne élue du Conseil municipal des jeunes : « On grandit dans une société stéréotypée qui nous formate, a-t-elle expliqué. Mais moi, petite fille, je jouais avec des petites voitures ! Les nouvelles générations font changer ces normes, pour une société plus ouverte. » Acceptons-en l'augure.