Photo : Christine Bourdel avec Michèle Hugues, déléguée à la Coopération internationale

L’association Fos Hann Bel-Air partage, à l’origine du jumelage en 2013 entre Fos-sur-Mer et une commune au sud de Dakar nommée Hann Bel-Air, a déjà mené à bien quatre chantiers solidaires depuis 2016, à raison d’un par an jusqu’à ce que la pandémie et la fermeture des frontières qui l’a accompagnée ne s’en mêlent : réhabilitation de plusieurs salles de classe et des sanitaires à l’école Bara Gueye, création d’un théâtre de verdure et d’une bibliothèque à l’école Doudou Mbathie et construction d’une Maison du partage destinée aux associations locales du quartier Hann Montagne 6. Le prochain chantier solidaire, Maison des pêcheurs - Keur molé yi en wolof -, pour lequel les bénévoles se rendront à Dakar fin octobre à début novembre, est « le résultat d'une expression de besoin formulée par les élus de Hann Bel-Air pour la construction d'une nouvelle Maison des pêcheurs, évoquée lors du précédent chantier solidaire, en 2019, rapporte Alain Claessen, le président de l'association. Le local actuel est en très mauvais état et une reconstruction complète s'impose. Ce nouveau local sera utilisé par les pêcheurs pour se réunir, organiser des formations pour les jeunes pêcheurs professionnels... »

Un dossier de coopération internationale

Grande nouveauté pour ce chantier : un financement a été alloué aux mairies de Fos et de Hann par les ministères des Affaires étrangères sénégalais et français, dans le cadre d'un dossier de coopération internationale qui a permis d'obtenir une enveloppe de 45 000 €. À l'origine de cette démarche, une fonctionnaire d'Île-de-France, attachée principale pour une collectivité du Val-de-Marne, Christine Bourdel. Quel rapport avec l'association fosséenne ? « Je suis arrivée dans ce projet par le Sénégal, nous a-t-elle expliqué lors de sa dernière visite à Fos-sur-Mer, en mai dernier. C'est à Hann Bel-Air qu'on m'a parlé de Fos, par le biais notamment d'Ousmane Seck. » Ce dernier, habitant de Fos-sur-Mer, n'est autre que l'ancien président et actuel vice-président de l'association Fos Hann Bel-Air partage. À la suite de cette rencontre dakaroise, Christine Bourdel a été invitée une première fois sur les rives de l'étang de l'Estomac en 2017. « J'étais intervenue lors de la Semaine de lutte contre les discriminations du Centre social fosséen, se souvient-elle. J'avais expliqué en quoi la coopération internationale favorise les échanges et lutte contre les discriminations. J'ai toujours pensé qu'il fallait, pour que le comité de jumelage entre Hann et Fos puisse aller plus loin, profiter des financements de la coopération décentralisée. Et en novembre 2020, j'ai eu l'intuition que c'était le moment. On a alors monté le dossier de la construction de la Maison des pêcheurs, doublée d'un volet d'accompagnement, notamment des femmes de pêcheurs, de la sensibilisation à la protection de l'environnement, à la sécurité en mer... Mais pour moi, c'était un galop d'essai... On ne pensait pas aboutir dans ce type de dossier cette année. Et nous avons eu le feu vert fin janvier 2021 ! » Avec Christine Bourdel en cheville ouvrière, le dossier a été monté simultanément par les mairies d'Hann Bel-Air et de Fos-sur-Mer et contresigné par les deux maires. Durant ses quelques jours à Fos, elle a coorganisé plusieurs réunions de travail avec les élus, avec le maire, Jean Hetsch, avec les bénévoles de Fos Hann Bel-Air partage... Elle a ensuite repris son bâton de pèlerin pour se rendre à Hann, poursuivant le travail avec les élus et fonctionnaires locaux, plusieurs visioconférences réunissant régulièrement les protagonistes des deux villes. L'organisation se précise et, en attendant le départ pour Hann, les bénévoles multiplient les manifestations pour financer le séjour. Ils vous attendent ainsi le 18 juin pour leur soirée africaine à la Maison de la mer.