Leur nom savant est Thaumetopoea pityocampa, mais elles sont mieux connues sous l'appellation de chenilles processionnaires, liée à leur mode de déplacement en file indienne par contact direct entre elles. Traditionnellement en mars-avril, mais cette année de façon plus précoce puisque cette phase a déjà débuté, elles quittent leurs nids, cocons de soie tissée accrochés aux branches des pins comme des boules de Noël, pour se rendre au sol, en procession donc, afin de s'enfouir sous la terre. Elles donneront ainsi naissance, plusieurs mois plus tard, à des papillons. Mais c'est la période actuelle qui est problématique, puisqu'elles sont susceptibles, si elles se sentent menacées au cours de leur déplacement, de se livrer à une véritable attaque chimique ! En effet, elles possèdent des poils urticants microscopiques, sortes de dards en forme de harpons qui provoquent des réactions cutanées importantes : boutons, démangeaisons, lésions oculaires et respiratoires (du simple éternuement à la crise d'asthme, voire pire, jusqu'à causer des nécroses dans les poumons). En situation de stress, la chenille va pulvériser dans l'air, sous forme de poussière, ces milliers de micro-harpons qui, au contact de notre organisme, y libèrent une toxine, protéine urticante. Les dégâts peuvent être très sévères pour les enfants et nos compagnons à quatre pattes, pour lesquels la rencontre peut s'avérer carrément mortelle. En cas de contact, une visite urgente chez le vétérinaire s'impose.

Lutter contre leur propagation

Chaque année, les services municipaux s'emploient à limiter la prolifération des chenilles en deux temps. Tout d'abord, au mois de novembre, il est procédé à la pulvérisation sur les aiguilles de pin, par des turbines capables de projeter le liquide jusqu'à 15 m de hauteur, de bio-toxines produites par une bactérie : c'est le traitement appelé lutte biologique. En se nourrissant des aiguilles, les larves vont ingérer ces toxines, qui provoquent leur mort par intoxication. Ensuite, au moment où les chenilles entament leur procession, les capturer dans des éco-pièges. Ils consistent en des sortes de bidons accrochés à une gouttière placée sur le tronc, pour intercepter les chenilles lorsqu'elles descendent de l'arbre. Les agents des Espaces verts pratiquent également « l'échenillage », à savoir la suppression manuelle des cocons, lorsqu'ils sont accessibles, qui seront ensuite incinérés. Ces opérations concernent les « zones sensibles », c'est-à-dire les abords des écoles, des aires de jeux, les parcs et, de façon générale, les secteurs les plus passants. Naturellement, ces interventions sont limitées au domaine public : si vous possédez des pins dans votre jardin, vous pouvez acquérir ces éco-pièges dans le commerce. En tout état de cause, durant cette période de 15 jours à trois semaines, évitez les promenades avec chiens et enfants dans les zones infestées, le temps que les chenilles aient fini de s'enterrer !

Attention aux chenilles processionnaires !