Quand les passions de la randonnée et de la photo s’unissent autour de l’étang… Après sa publication dans Votre Mensuel, voici la version intégrale de l'entretien.

Né à Sousse (Tunisie) il y a 65 ans, Georges Schembri n’aurait pu imaginer poser un jour ses valises au bord de l’étang de l’Estomac et se considérer désormais comme un vrai Fosséen. C’est ici qu’il conjugue au quotidien ses deux passions : randonnée et photographie.

Du chlore à l’amiante

Arrivé en 1964 avec sa famille en France, c’est à Marseille qu’il poursuivra ses études, avant de bâtir sa vie professionnelle dans l’industrie, d’abord jusqu’en 1984 à l’usine Ugine-Kuhlmann de l’Estaque, qui produisait du chlore mais a été fermée parce que dangereuse pour les populations, puis à Fos : « On m’a proposé un poste de chimiste à Arkema, où j’ai fait ma carrière. J’ai monté tous les échelons, pour me retrouver agent de maîtrise responsable des deux laboratoires de l’usine, encadrant 14 personnes. » Et le voilà Fosséen : « Avec le plan social de l’Estaque, j’ai acheté une maison au Mazet en 1985, précise-t-il. Aujourd’hui, je suis aux Carabins. » Et en pré-retraite amiante depuis 2010, à 55 ans : « Je passe un scanner tous les quatre ans. On nous a reconnu le préjudice d’anxiété : les affections liées à l’amiante ne se déclarent parfois qu’au bout de quarante ans, on vit avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. » Touchons du bois en attendant pour le jeune retraité, ancien éducateur et dirigeant de l’ES Fos - quand ses fils y jouaient -, qui choisit de poursuivre sa vie associative à Fos rando.

 

À 300m de la mairie, on est déjà dans la nature : l’évasion au cœur de la ville !

 

Juste le plaisir de marcher

« J’aimais la randonnée, alors j’ai appelé pour devenir adhérent. Et j’ai accroché, toutes les sorties m’ont plu. Il y avait une très belle équipe avec Georges Miramand, le président de l’époque, avec une très bonne ambiance - l'important, c’est l’ambiance ! Dans un club de rando, il n’y a rien à gagner, pas de coupe, pas d’argent, juste le plaisir de marcher… Je leur ai demandé s’ils voulaient un coup de main pour les reconnaissances de randonnées, ils m’ont accepté, puis de fil en aiguille j’ai passé le stage Animateur… Le président demandait à partir depuis trois ans - il avait fait un gros boulot, depuis quinze ans qu’il était au club et le bénévolat, ça use... L’année dernière, il m’a proposé le poste et j’ai accepté. J’ai pris mes fonctions au plus mauvais moment, avec l’histoire de la Covid. » Sous réserve du masque obligatoire dans le bus et de randonner par groupes de six personnes espacés de trois mètres, le club poursuit ses activités : « On arrive tout de même à faire beaucoup de choses, on fait des sorties régulières (dernièrement Niolon, Luminy, Sainte-Victoire, Barcelonnette, gorges du Caramy, Aureilles…). Les randonnées sont annulées lorsqu’elles impliquent une restauration ou un retour après 18h [19h aujourd'hui, Ndlr], à cause du couvre-feu. » Fort de ses 180 adhérents et de ses 14 animateurs, avec ses randonnées classiques et sa marche nordique, le président s'appuie sur un bureau de 15 personnes : « C’est un travail d’équipe et je suis très bien entouré. »

 

 

 

 

Le photographe et l’étang

Il l’est aussi à Fos Provence photographie : « J’y suis un simple adhérent. C’est une équipe de vieux baroudeurs photographes, qui ont de la bouteille et veulent transmettre le savoir. Quand vous arrivez dans ce club et que vous ne comprenez rien à la photo, ils vous apprennent. On se réunit une fois par semaine à la Maison des Arts - en ce moment, on ne peut pas, on fait des réunions par Zoom, c’est mieux que rien - et c’est comme à l’école, des cours de retouches d’image, de portraits, de photos d’objets, on va sur le terrain… J’aime beaucoup ce club à cause de ça : la formation. Et l’ambiance, très bien. Ils font aussi beaucoup de concours et il y a de très bons photographes. » Le simple adhérent a reçu une récompense lors de la dernière exposition à laquelle il participait avec le club, pour une photo de flamant rose : « Il errait tout seul, on aurait dit une âme en peine. J’aime bien les ambiances “tristes et mélancoliques”, comme me disent parfois les gens, c’est mon style. Une carte postale, c’est joli, mais c’est froid : selon moi, une photo doit apporter une émotion ou un message. » La photo a été prise sur l’étang de l’Estomac. Justement, deux fois par semaine, Fos rando se dégourdit les jambes, en ce lieu qu’aime tant Georges : « La mairie a fait un travail formidable sur les chemins, praticables pour les vélos et les marcheurs, faciles d’accès sur la colline, derrière. Ça me permet de m’évader, parce qu’on est très près de la mairie, il suffit de faire 300m, on est déjà dans la nature. Parfois, on a un coup de blues, on va se promener autour de l’étang… Et en période de confinement, ça permet de s’oxygéner. C’est l’évasion au cœur de la ville ! »