Troubles du sommeil, des conduites alimentaires (boulimie, anorexie), troubles psychosomatiques, difficultés d'apprentissage, absentéisme, instabilité, asthme, eczéma, état dépressif... L'exposition répétée à des scènes de violence engendre de lourdes conséquences psychologiques sur les enfants, victimes collatérales des violences conjugales : tel était le thème du colloque organisé hier toute la journée par les élus de la ville de Fos-sur-Mer et le Centre communal d'action sociale (CCAS) à la Maison de la mer, destiné aux professionnels potentiellement confrontés à ce sujet (travailleurs sociaux, animateurs, professions de santé, policiers...). Pas moins de 140 d'entre eux ont participé aux échanges.

Un fléau à combattre

L'élue déléguée à l'Accompagnement des victimes de violences familiales a ouvert le colloque en rappelant les 133 féminicides recensés cette année : « Les violences conjugales sont un fléau à combattre encore et encore. C'est ce que la ville de Fos-sur-Mer s'applique à faire tout au long de l'année et, pour la 4e année consécutive, par la tenue de ces deux journées de lutte contre les violences faites aux femmes. » Outre le colloque, deux projections du film Jusqu'à la garde, suivies d'un débat, ont en effet été organisées au cinéma L'Odyssée hier soir et cet après midi à 14h. Les débats sont animés par des associations tels que SOS Femmes 13 ou le Centre d'information sur les droits des femmes et des familles d'Arles, réunis par le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance de Fos-sur-Mer.

De lourdes conséquences psychologiques

Les mêmes intervenants ont animé conférences et ateliers durant toute la journée à la Maison de la mer, en compagnie de la police nationale, de l'association d'aide aux victimes Apers (Association pour la prévention et la réinsertion sociale), de Sauvegarde 13, de l'Association Accès au droit des enfants et des jeunes, de Parole d'enfant, qui lutte contre la maltraitance, du Point écoute famille, du Conseil départemental... Une multiplicité d'interventions de spécialistes qui a fait toute la richesse de l'information délivrée. Le programme du colloque a permis un vaste tour d'horizon du phénomène : conséquences sociales et psychologiques pour l'enfant, que dit la loi, prise en charge et accompagnement des enfants, comment accueillir leur parole et comment restaurer le lien sécure parents-enfants.

143 000  enfants maltraités

Les témoignages poignants des professionnels ont émaillé la journée, comme cette animatrice d'ateliers pour enfants qui raconte comment ce garçon de 9 ans reproduisait la conduite violente de son papa contre sa petite sœur de 4 ans, qui l'avait si bien intégré qu'elle « le suppliait de la tirer par les cheveux par terre ». Ou encore l'analyse de cette psychologue décrivant le conflit de loyauté qui ronge l'enfant, écartelé entre l'amour qu'il porte à son papa et le fait qu'il lui en veuille de faire du mal à sa maman.

« En France, 83% des femmes ayant contacté le 3919 [Numéro vert Violences femmes info, Ndlr] ont des enfants mineurs et 93% d'entre eux sont témoins de violences exercées au cœur de leur foyer, qui devrait représenter un lieu sécure où se construire, a rappelé Christiane Chouzenoux, directrice du CCAS. Parmi eux, 21,5% sont eux-mêmes maltraités, soit 143 000 enfants dont 42% ont moins de 6 ans. » Il est temps de prendre ce problème à bras le corps !