Les 27 et 28 novembre derniers, la Ville a mené une action forte de sensibilisation sur la thématique «Violences conjugales – libérer la parole ». Cette action, portée par le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), a aussi permis de faire connaître les outils d’accompagnement et d’aide aux victimes développés par la commune : le « Référent aidant » est ainsi une personne ressource qui peut réaliser un premier travail d’accueil et d’écoute dans la bienveillance. Il aide la victime à clarifier sa situation, à sortir de l’isolement. Le Référent aidant accompagne dans la reconstruction de la confiance en soi. Si la victime le souhaite, il pourra ensuite l’orienter vers les bons relais institutionnels pour trouver une issue positive à sa situation.

Vous pouvez contacter le Référent aidant en joignant le CLSPD au 04 42 47 77 63.

Le 27 novembre, les professionnels étaient conviés à un colloque sur la thématique des violences conjugales. Animé par Eric Florentino, de l'association SOS femmes 13, le débat a pris comme support le documentaire de Patric Jean, Affaire privée, construit autour de procès fictifs, en présence du réalisateur et de la substitut du procureur d'Aix-en-Provence, Emmanuelle Puyobrau. Caroline Roch, la conseillère municipale déléguée à l’Accompagnement des victimes de violences familiales, a situé l'enjeu de ce colloque, qui a réuni plus d'une soixantaine de professionnels : « À l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la Ville de Fos a souhaité marquer à nouveau son engagement dans l'accompagnement des victimes de violences familiales, en renouvelant, pour la 2e année, la manifestation annuelle destinée à l'ensemble des publics potentiellement concernés, de près ou de loin, des jeunes aux seniors, en passant par les professionnels. Nous avons choisi le thème Libérer la parole. L'expression est claire ; son impact important. L'actualité nous le démontre… (...) Cette libération de la parole doit avant toute chose apporter une aide et ce à plusieurs niveaux : aider les victimes à sortir de leur culpabilité pour se réapproprier leur vie, aider les professionnels à mieux accompagner les victimes et aider les politiques et les autorités à améliorer les dispositifs de prise en charge des victimes et des auteurs. »

Le lendemain, 28 novembre, trois projections du long-métrage Respire ont réuni les collégiens d'André-Malraux le matin, les seniors l'après-midi et une projection-débat tout public a clôt la manifestation le soir, ponctuée d'une improvisation théâtrale signée H & Compagnie. Respire relate l’histoire ordinaire d’une relation toxique entre deux adolescentes de 17 ans. Une belle amitié qui vacille entre amour et haine, fusion et rejet, confidences et trahisons, sous-tendues par des scènes de harcèlement, manipulation, humiliation et violences, qui font écho aux mécanismes existants dans les situations de violences conjugales. Ce film choc a su attirer une centaine de personnes et le message a pu passer, porté par les paroles fortes de Caroline Roch : « Grâce aux différents acteurs communaux et aux travailleurs sociaux, notre groupe réseau, co-animé par le CLSPD et SOS femmes, a su faire naitre, développer et maintenir une véritable chaîne de solidarité pour les victimes de ces violences. Des violences qui sont lourdement tenues secrètes. Des violences qui, malgré l’incompréhension de l’entourage, perdurent trop longtemps et se répètent trop souvent. Car l’engrenage complexe qui est instauré par l’auteur des faits est d’une telle perversion qu’elle ne peut être entendable par chacun. Ponctué de simili-pardons, de cadeaux de regrets puis de nouvelles vagues, de plus en plus proches, de plus en plus dures, de plus en plus fortes, de violences, verbales, psychologiques, physiques. (…) Nous souhaitons montrer la spirale de domination qui s'installe, insidieusement, et qui contraint la victime dans une forme d'inconscience, dans un mutisme, dans ce silence cachant les blessures… celles de son corps, celles de sa vie. (…) Le silence peut être mortel. En 2016, 138 personnes sont décédées sous les coups, au sein de leur cellule familiale : 109 femmes, 29 hommes et 9 enfants. En incluant les suicides, nous pouvons dénombrer 196 décès. Il n'est plus envisageable de continuer à maintenir le sujet tabou. » Durant deux jours au moins à Fos-sur-Mer, ce douloureux sujet a été sorti du silence. Gageons que cette action forte aura laissé des traces.