Aborder les 20 ans du club taurin le Galéjon oblige à un détour par l’histoire et la géographie. « Fòs de Mar, porto de Camargo en terro cravenco » (porte de Camargue en terre de Crau) : l’inscription sur les panneaux à l’entrée de Fos rappelle l’identité de son terroir.

En effet, la ville est la porte est de la Camargue, ce territoire de 150 000 hectares en forme d’un triangle dont les pointes sont Arles, Le Grau-du-Roi et Fos-sur-Mer. Et qui dit Camargue dit chevaux et taureaux ! Au début du XXe siècle, on compte ainsi sur le territoire de la commune une dizaine de manades, parmi lesquelles celle de Gustave Bertet, le Mas du Cavaou, qui élevait quelque 400 taureaux de corrida et une centaine de chevaux sur un millier d’hectares, à l’exact emplacement actuel de l’usine ArcelorMittal.

Il en a été exproprié en 1966, quand fut décidée la création ex nihilo de la plus vaste zone industrialo-portuaire du sud de l’Europe, là où n’existait que plage et marais. Mais l’avènement de l’industrie n’a pas signé la mort des traditions camarguaises à Fos : en 1999, la fille de Gustave Bertet et nièce de Jules Raoux s’en va trouver le maire de l’époque et lui propose la création d’un club taurin, pour relancer l’activité dans les arènes. Ainsi naît le Galéjon, qui compte vingt ans plus tard 120 adhérents.

DES TRADITIONS PLUS QUE JAMAIS VIVACES

Les anciens se souviennent encore du Festival des abrivados organisé par le tout jeune club sur la plage du Cavaou, qui regroupait alors les taureaux de 7 ou 8 manades différentes. Quel spectacle d’assister à leur cavalcade, encadrés par les gardians sur un parcours de 2 km !

Les abrivados continuent chaque été d’animer la ville, le 14 juillet et le 15 août, pour les traditionnelles journées taurines du Galéjon. La course folle se déroule avenue Jean Jaurès, où les jeunes attrapaïres jouent à poursuivre les taureaux. Ces journées taurines sont marquées par les courses camarguaises, à l’Avenir et aux As, trophée Gustave Bertet et trophée des anciens manadiers fosséens.

Y brillent les athlètes locaux de l’École fosséenne de raseteurs, créée peu de temps après le Galéjon et qui travaille avec lui main dans la main – son président, Olivier Laurent, a fait partie des fondateurs du club taurin. Aujourd’hui, le Galéjon et les raseteurs fosséens jouissent d’une reconnaissance jusqu’au Gard ou l’Hérault…

Le club taurin organise aussi aux arènes des spectacles équestres, avec des artistes internationalement reconnus, parfois des courses landaises, pour faire découvrir cette autre discipline de la bouvine, et toujours des toro-piscines, une fois par semaine tout l’été, qui garnissent les arènes de près de 1200 personnes chaque soir ! « Le club marche très bien grâce à ses bénévoles, des gens extraordinaires qui ne prennent jamais de vacances l’été et se donnent sans compter, leur rend hommage la présidente. Sans eux, rien ne pourrait se faire. » Alors longue vie au Galéjon et à dans 20 ans !