Quel bilan tirez-vous depuis la création de l’association ?

 

 

  Nicolas Mat, Secrétaire général de l’association Piicto (Plateforme industrielle et d'innovation de Caban Tonkin) : « Piicto, c’est une dynamique d’écologie industrielle lancée il y a cinq ans sur le territoire. Entre la situation d’alors et celle d’aujourd’hui, beaucoup de chemin a été parcouru, individuellement par les acteurs membres de l’association et collectivement par Piicto.

On commence aujourd’hui à vraiment récolter le fruit des différentes expérimentations qui ont été menées, en termes de symbiose, de synergies entre les industriels. Beaucoup de sujets ont été initiés, qui nécessitaient et qui nécessitent toujours pour certains des phases d’expérimentation avant d’en arriver à une exploitation à l’échelle industrielle, c’est un processus qui demande du temps.

C’est valable pour certaines valorisations de coproduits industriels [matière créée au cours du même processus de fabrication en même temps que le produit principal, Ndlr]. Ce sont des synergies qui ont été mises en place dans le cadre de la dynamique Piicto et qui aujourd’hui donnent des résultats très encourageants. On travaille également sur des valorisations d’utilités, par exemple sur des boucles de revalorisation d’énergies comme ce qu’on appelle « chaleur fatale » [chaleur résiduelle issue d’un procédé et non utilisée par celui-ci, Ndlr].

Sur les aspects écologie industrielle pure, on a aujourd’hui des concrétisations qui donnent du corps à la notion de symbiose industrielle et qui contribuent aussi à motiver de nouvelles opérations.

Qu’en est-il de la vocation de Piicto d’accueillir, accompagner et développer différents projets dans le champ de l’innovation sur la transition énergétique ?

 

Nous accueillons ou nous sommes en effet impliqués dans des projets innovants : le Power to Gas avec Jupiter 1000, la bio-remédiation du CO2 par les algues avec Vasco 2, Carbon4pur, projet européen qui vise à la revalorisation de CO2 dans des fabrications d’intermédiaires chimiques, des travaux sur de la décarbonisation notamment dans le secteur de la mobilité, avec l’hydrogène, que ce soit pour de l’électrification à quai des navires ou pour des véhicules légers, des véhicules lourds…

Nous sommes bien conscients qu’il y a sur le territoire métropolitain des enjeux forts notamment en termes de qualité de l’air, c’est pourquoi nous travaillons dans cette logique de symbiose industrielle et d’économie circulaire, ayant le double objectif de diminution de la quantité de ressources naturelles vierges utilisée dans les process industriels et, à l’autre bout de la chaîne, de diminution ou de traitement optimisé des différents rejets notamment atmosphériques.

La plateforme Piicto est un vrai terrain d’expérimentation de la transition énergétique et de l’économie circulaire.

 

Piicto remplit aussi un rôle pour faciliter de nouvelles implantations…

 

Oui, et cela n’est pas antinomique des objectifs évoqués précédemment de préservation de l’environnement. En termes d’attractivité, nous travaillons sur la dimension accueil de porteurs de projets industriels, comme par exemple les Chinois de Quechen.

Il s’agit donc de comprendre leurs flux entrants et sortants, leurs besoins, que ce soit sur des utilités mais aussi, potentiellement, sur des services et, à partir de là, travailler sur un modèle d’implantation, avec bien-sûr les services du GPMM, qui permettrait d’implanter son activité sur notre plateforme en cohérence avec le tissu industriel existant.

C’est notre objectif, nous devons maintenant arriver à le mettre en œuvre. Il y a plusieurs parties prenantes, il faut apprendre à encore mieux travailler ensemble. C’est le rôle de l’association Piicto d’intervenir dans cette dimension complémentaire d’intégration industrielle.

Pour faire en sorte in fine que le nouvel acteur qui arrive trouve un intérêt à se connecter avec des acteurs existants et qu’au final, tout le monde y gagne que ce soit en termes de compétitivité, d’optimisation des consommations de ressources, de création de nouvelles activités et de nouvelles richesses ou bien encore d’acceptabilité du projet sur le territoire".