Proviridis, start-up créée en 2012 au Rousset, a bien grandi : l’entreprise compte aujourd’hui 24 salariés – et en recrute trois supplémentaires avant la fin de l’année – et a plus que triplé son chiffre d’affaires par rapport à l’an dernier, avec 12 millions d’euros pour 2019. Elle surfe sur deux activités : proposer des stations d’alimentation au GNV clés en mains à tout tiers et développer ses propres stations publiques, ouvertes par conséquent à tout le monde, sous l'enseigne Vgas.

La première d’entre elles, inaugurée en mai 2017, est située sur la Zip de Fos, à l'entrée du terminal 2XL. « C’était une évidence pour nous de nous installer là : il y a entre 5 et 10 000 camions qui y passent tous les jours, explique Éric Ronco, PDG de Proviridis. Et c’est une autre évidence que tout ce transport-là doit passer au GNV. L’énorme trafic de marchandises sur la zone nécessite une dépollution drastique. » C’est une intuition qui a donné naissance à la création de l’entreprise : « Je viens du secteur du transport ferroviaire et fluvial, qui nécessitent de telles contraintes qu’il m’est apparu clair que la route, qui représente 90% du transport de marchandises, garderait à l’avenir toute son importance. Or, je voyais qu’il existait de nouvelles technologies de carburation, ainsi que d’autres technologies qui vont rendre les véhicules un peu plus autonomes ; c’est pourquoi je me suis dit : "Il faut décarboner le transport routier". C’était naturel pour moi d’aller dans cette direction. Par compte, en 2012, les gens me regardaient avec de gros yeux ! Aujourd’hui, il y a plus de question : c’est la fin du diesel et de l’essence. Ça va prendre du temps mais c’est la fin. Le GNV est la réponse pour faire un vrai pas significatif en réduction d’empreinte environnementale pour les transporteurs. »

 

Plus propre et ... moins cher 

 

Le GNV concerne aujourd’hui un peu plus de 2% des véhicules. « On devrait vite atteindre 5 à 10%, d’ici deux ou trois ans », prévoit Éric Ronco. La raison de cet optimisme est simple : « Il y a un changement total chez les transporteurs, nous n’avons plus à les convaincre. Ils obtiennent des gains économiques suffisants pour "y aller", ça leur coûte moins cher de rouler au GNV qu’au diesel. On est à 0,85 € TTC, c’est vraiment hyper économique ! » Tout cela pour des gains écologiques substantiels : « Le GNV d’origine fossile réduit de 15% les émissions de CO2, de 95% celles de microparticules et de 80% celles de NOx ; mais si l’on utilise du bio méthane, obtenu à travers le recyclage de déchets, l’émission de CO2 est nulle : du coup, le bilan est bien meilleur que celui de l’électrique ! Ça fonctionne aussi pour les véhicules légers, il y en a d’ailleurs de la mairie de Fos qui viennent faire le plein chez nous. Mais les constructeurs automobiles ont choisi la voie d’aller vers l’électrique, donc je pense que la messe est dite. Mais c’est dommage. »

Toujours est-il que l’avenir reste radieux pour les véhicules lourds, en témoigne la trajectoire météorique de Proviridis : une station réalisée en 2017,3 en 2018, 9 en 2019 et un carnet de commandes de plus de 20 stations pour 2020 ! « Nous sommes en forte accélération et nous finalisons d’ailleurs une augmentation de capital », révèle le PDG.

Dopée au Green power, slogan de la société, cette croissance n’est pas prête de s’éteindre : « Aujourd’hui, la réduction de l’empreinte environnementale des industriels est prise à bras-le-corps, dans un climat politique extrêmement positif. Nous allons avoir un changement radical dans les 10 prochaines années en termes de réduction de la pollution. » Acceptons-en l’augure.