Elengy triple ses capacités

 

« L’an dernier, nous avons réalisé le record depuis la création du terminal du Cavaou avec 75 bateaux, nous sommes sur une dynamique de hausse ; en ce qui concerne les camions citernes, l’activité se multiplie par deux tous les ans : au Tonkin, nous en étions à 48 poids lourds en 2014, 400 en 2015, 900 en 2016, 1800 en 2017, 3500 l’an dernier et nous atteindrons 6500 à 7000 pour 2019 » : Mathieu Storz, le directeur des terminaux méthaniers fosséens d’Elengy, se frotte les mains. « Expert[e] du GNL [Gaz naturel liquéfié] depuis plus de 50 ans », ainsi qu’elle s’affiche fièrement, cette filiale de GRTgaz multiplie sur ses deux terminaux activités et services : réception et déchargement de navires méthaniers, services de regazéification, rechargement de navires, transbordement, service de chargement de petits méthaniers et de camions-citernes…

 

Et la croissance est si rapide qu’elle commande l’investissement. « Nous étions en train de saturer le marché, parce que nous n’avions pas les capacités d’accueil suffisantes », convient le directeur. En terre de Camargue, on prend le taureau par les cornes : Elengy disposait jusqu’alors de deux baies d'une capacité d'accueil de 34 camions par jour, sur son terminal de Fos Tonkin ; en septembre dernier, deux nouvelles baies ont ouvert de l’autre côté, au Cavaou, pour une capacité de 80 camions quotidiens supplémentaires. Coût de l’équipement : environ trois millions d’euros «  Avec ça, nous avons une longueur d’avance sur le marché », prévoit Mathieu Stortz.

 

 

Ravitailler les navires en mer

 

La croissance du marché du GNL s’explique par le dynamisme de ses débouchés, liés à la transition énergétique. « Il y a d’abord tous les industriels qui ne sont pas encore raccordés au réseau de gaz et qui substituent au pétrole le gaz naturel, analyse le directeur. Ensuite, les transporteurs routiers, qui s’équipent en camions fonctionnant au GNL plutôt qu’au diesel. » Avec d’énormes bénéfices environnementaux : réduction de 25% des émissions de CO2, de 100% des particules fines et des SOx (monoxydes souffrés) - aucune émission - et de 80% des Nox (monoxydes d’azote). Ce qui rend Mathieu Stortz optimiste : «  Il y aura davantage de camions mais l’impact environnemental sera moindre », prédit-il.

En ce qui concerne les navires, le terminal du Cavaou pouvait déjà accueillir des méthaniers allant de 20 000 m3 à 265 000 m3. Ceux dont la capacité est comprise en 7000 et 20 000 m3 (les micro-méthaniers) ne pouvaient pas contre pas y apponter. C’est désormais possible, grâce à un investissement de 3 millions d’euros en deux ans. « Nous allons remplir ces petits navires pour qu’ils aillent souter les bateaux de croisière, les porte-containers et les ferries », annonce le directeur.*

Parce que la pollution marine est, elle-aussi, une vraie problématique environnementale, encadrée par des règles de plus en plus contraignantes – et il était temps ! -, les armateurs se mettent en effet eux-aussi au GNL. Une autre bonne nouvelle pour Elengy.