Il y avait du monde ce matin devant le portail de l’école Joseph-d’Arbaud ! Mais surtout des adultes : seuls cinq enfants étaient attendus en élémentaire. L’explication réside dans le fait que Jean Hetsch, le maire de Fos-sur-Mer, avait prévu de se rendre dans cet établissement pour constater de ses yeux la réalité de la situation en ce jour de reprise des classes pour les élèves de grande section maternelle, de CP et de CM2. Il était accompagné de son Premier adjoint Philippe Pomar, de l’élu délégué à l’Éducation Bernard Ducognon et accueilli par la directrice adjointe de l’Éducation, Pauline Simounet. L’inspectrice de l’Éducation nationale pour la circonscription Istres-Fos, Magali Lahondès, était également présente, seule personne habilitée par le rectorat pour répondre aux questions des médias, représentés en l’occurrence par une journaliste de La Provence et l’équipe de la direction de la Communication de la Ville. « C’est quand même particulier, cette rentrée », a observé le maire. Il faisait ainsi allusion au dispositif extraordinaire qu’il a fallu mettre en place pour pouvoir répondre aux exigences sanitaires nationales et locales – chaque école ayant établi son propre protocole tenant compte de la spécificité de ses locaux.

Une course contre la montre

La direction de l’Éducation, déjà sollicitée dès le confinement du 17 mars pour organiser l’accueil des « enfants dérogatoires » (ceux dont les parents sont soignants, policiers, militaires ou pompiers), s’est à nouveau trouvée en première ligne. « L’annonce de la réouverture des écoles a été faite par le président de la République le 13 avril, rappelle son directeur, Mustapha Nadji. À partir de ce jour, nous avons commencé la désinfection de toutes nos écoles. Mais nous étions en attente du protocole sanitaire précisant les modalités pour chacune d'entre elles. Il est arrivé le 6 mai, validé par l’Éducation nationale et établi en concertation par les directeurs d’école et ceux des Accueils collectifs de mineurs du périscolaire. Le lendemain, Monsieur le Maire a pris la décision de ne pas rouvrir les écoles le 12 mai mais le 14, pour nous donner deux jours de plus de préparation. » Un délai qui ne s’est pas avéré un luxe, tant ladite préparation a nécessité un énorme travail : désinfection générale des locaux, signalétique, balisage, barriérage… Nous avons détaillé les différentes opérations ainsi effectuées dans notre précédent article, Les écoles fosséennes à l’heure de la Covid-19. « Enseignants, animateurs, Atsem, personnels de service et gardiens des écoles : chacun a été à pied d’œuvre pour que nous soyons prêts, le jour J, à accueillir les enfants dans les meilleures conditions de sécurité », précise Mustapha Nadji. « Les services ont bien travaillé », salue le maire en écho.

La rentrée scolaire a donc bien pu se tenir ce matin, mais elle n’a donc concerné que 88 élèves sur 671 inscrits en grande section maternelle, CP et CM2, niveaux concernés par ce retour en classe : 52 enfants en élémentaire et 36 en maternelle, 61 d’entre eux s’étant inscrits pour le repas chaud, confectionné par la direction de la Restauration de la Ville, que le maire avait tenu à leur proposer. Quid des autres enfants, absents ce matin ? « L’école à la maison continue, répond l’inspectrice de l’Éducation nationale. Le temps de travail des enseignants a été aménagé pour leur permettre de conjuguer présentiel et distanciel. »

Le 25 mai, une semaine scolaire à temps partiel

Autre question : que se passera-t-il le 25 mai, pour la phase II de cette réouverture des écoles, où seront attendus les élèves de tous les niveaux ? « Dans les conditions du protocole sanitaire, nous pouvons en accueillir environ 300 ; au-delà, ça ne "passe" pas », avertit Jean Hetsch. « Suivant les effectifs qui seront effectivement présents, sur la base toujours du volontariat, il est probable que les élèves ne seront pas accueillis tous les jours », prévoit Magali Lahondès. Qui se veut optimiste pour cette reprise des écoles : « Tout a été mis en œuvre, en étroite collaboration entre l’Éducation nationale et la municipalité, pour accueillir les enfants dans les conditions sanitaires très strictes du protocole national. Les familles vont prendre confiance, il faut leur en laisser le temps. » Côté parents justement, nous avons interrogé l’une des rares mamans à s’être présentées ce matin à l’école Joseph-d’Arbaud, Nathalie, qui y a conduit sa petite fille sans trop se poser de question : « Moi, je travaille, je n’ai pas eu le choix », explique-t-elle d'emblée. Un « volontariat » tout relatif, donc. Mais Nathalie n’est pas inquiète : « Je pense que c’est moins risqué pour nos enfants d’être à l’école que dans les magasins où les emmènent certains parents », estime-t-elle.