Après le rond-point du Maréchal de Lattre de Tassigny et sa spectaculaire grappe de raisin de 2,50 m de haut, l’entrée de ville sud à Ma Campagne va peut-être davantage encore marquer les esprits. Visuellement, le symbole est fort : porte de la Camargue, Fos-sur-Mer, à deux pas de ses arènes municipales, arbore désormais une sculpture de 500 kg, toute en métal, représentant un taureau camarguais comme figé pour l’éternité alors qu’il fonce, les cornes en avant, pour charger une cible imaginaire. La posture de l’animal, tous ses muscles bandés, rend saisissante l’expression de sa puissance. « Je suis parti d’un dessin réalisé par quelqu’un qu’il faut nommer : mon ami Loïc Pons, passionné par les taureaux », explique le créateur de la sculpture, l’artiste installé à Lançon-Provence, Denis Nayrac. Mais du dessin à la réalisation de la statue, quatre mois d’un travail acharné ont été nécessaires : « En dessous, j’ai créé une structure de fou !, s’exclame-t-il. C’est comme un corset fait de fers plats que j’ai ensuite entièrement soudés, avant de le recouvrir de limaille de ferraille, pour figurer la peau de la bête. » Clin d’œil pour illustrer le voisinage à Fos des traditions avec la modernité d’une ville industrielle, cette limaille provient d’ArcelorMittal. C’est René Raimondi qui a souhaité ainsi magnifier ce contraste, d’un animal plus vrai que nature et pourtant créé à partir de matériaux industriels. « Quand ce taureau va commencer à vieillir, sous l’effet du soleil et de la pluie, il va rouiller lentement et prendre une teinte brunâtre ; il va être magnifique !, promet Denis Nayrac. J’avais hâte de le voir installé. » C'est chose faite depuis vendredi dernier, en présence de René Raimondi, du Premier adjoint Jean Hetsch et de Simone Bertet-Aloy, adjointe au maire et présidente du club taurin Le Galejon.