Daniel Moutet, le président de l'association environnementale fosséenne, a présenté le drone, non sans fierté, en marge de sa récente assemblée générale : l'ADPLGF a signé un contrat avec le prestataire Cambulle drones Sarl pour, au moins durant deux ans, s'assurer les services d'un drone détecteur de pollution par prélèvement. Concrètement, l'engin de 7 kg, capable de voler jusqu'à 120 m d'altitude, comporte un module équipé de capteurs électrochimiques. Il peut ainsi traverser les panaches de fumées industrielles et effectuer des prélèvement en leur cœur même. L'Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions se chargera ensuite d'en analyser la teneur. Un compteur de particules, à l'initiative d'Henri Wortham, le président de l'Institut, sera également embarqué. « Ces mesures et prélèvements permettront de mieux connaître la composition des émissions industrielles, en tenant compte de la réactivité des polluants au contact de l'air et sous l'effet du rayonnement solaire, explique Philippe Chamaret, le directeur de l'Institut. On sait en effet que la chimie atmosphérique joue un rôle déterminant dans le processus allant de l'émission des polluants jusqu'aux populations riveraines, rôle qui n'est actuellement pas assez connu pour être pris en compte au sein des modèles et des cadastres d'émission utilisés pour calculer les risques environnementaux. Cette connaissance sera mise à disposition des gestionnaires de cadastres, notamment Atmosud, afin de faire évoluer et augmenter en précision les outils prévisionnistes d'aide à la décision. » Mesurer de quoi sont composés exactement ces panaches, qui combinent plusieurs molécules qui interagissent les unes avec les autres et avec leur environnement, afin de définir avec davantage de précision les seuils nocifs à ne pas dépasser : tel est donc l'objectif de la démarche. Avec toutefois l'impossible réactivité immédiate : avant de pouvoir effectuer des prélèvements avec ce « drone renifleur », il faudra à chaque fois obtenir de la base aérienne militaire d'Istres l'autorisation de vol, sans compter la disponibilité de l'opérateur capable de le piloter, qui en est aussi le concepteur. Cette limite mise à part, le drone de l'ADPLGF nous fournira sans doute de précieuses informations concernant l'état et la nature de la pollution à Fos-sur-Mer, afin de pouvoir ensuite œuvrer pour contenir sa toxicité dans des seuils acceptables pour les populations riveraines.