« On ne doit pas rire avec la mort. » Le ton de l'enfant est définitif. « Pourquoi dis-tu cela ? Plus exactement, pourquoi l'ont-ils fait dans ces courts-métrages ? Quelqu'un a une idée ? », rebondit l'animateur de l'atelier, Stéphane Sellito. Une main se lève : « Parce que ce sont des films pour les enfants et qu'il ne faut pas les faire pleurer », avance une petite fille. « C'est pour mieux parler de la mort », complète une autre. « Ça fait partie de la vie », remarque un garçonnet.

Au cinéma L'Odyssée étaient programmés hier après-midi six courts-métrages d'animation déclinant le thème de la mort, projection suivie d'un atelier Philo, destiné à susciter la parole des enfants et les amener à réfléchir. Un groupe de la Maison des enfants était présent pour y participer, et Stéphane Sellito a su les amener à s'exprimer de façon très riche. « Je pratique les ateliers Philo depuis une dizaine d'années, au collège, au lycée, dans les centres sociaux, centres aérés... partout où il y a des enfants, nous a-t-il confié. Je forme aussi des professionnels de l'enfance. Lors de ces ateliers, j'invite les enfants à s'exprimer en leur expliquant que rien n'est juste et rien n'est faux, que c'est juste leur avis, avec lequel on a le droit d'être d'accord ou pas. Je ne leur impose rien. Pourquoi atelier Philo ? Parce que lorsqu'on sollicite leur parole, ce sont les enfants qui deviennent philosophes ! »

« C'était un pari pour nous de proposer ce genre de programme un peu particulier, sur un thème - la mort - que les gens fuient en général, est intervenue face à la salle Géraldine Blanchet, en charge des Actions de médiation culturelle à L'Odyssée. Aussi, je voulais vous remercier d'être venus et remercier vos animateurs de nous avoir fait confiance. » Pari gagné !

La Semaine fosséenne des droits de l'Enfant se poursuit jusqu'à samedi, où se déroule à L'Odyssée une foultitude d'animations, projections et ateliers à L'Odyssée, au centre culturel et au foyer senior La Farigoule. Programme complet ici.