La municipalité a entrepris peu avant Noël un vaste chantier de restauration de l’esplanade de l’Hauture. Archéologue au pôle intercommunal du Patrimoine culturel, Frédéric Marty assure avec son équipe la « surveillance archéologique des travaux ». Une mission qui consiste à suivre, 50 cm par 50 cm, la progression de la pelleteuse, qui manœuvre avec d’infinies précautions.

Sur ce terrain attenant au château médiéval, la découverte de vestiges était prévisible. Ainsi hier, mardi 10 janvier, les archéologues ont fait d’importantes « trouvailles » : un mur épais de 1m55 de large, perpendiculaire aux remparts, pourrait avoir fait partie du système de fortifications. Aux céramiques présentes, Frédéric Marty le date du XIe ou du XIIe siècle. Non loin de là, la voûte d’une sorte de cave (ou d’un cachot !), de la même époque, a également été découverte. Mais ce qui a le plus retenu l’attention de l’équipe des archéologues concerne la couche sédimentaire mise au jour par une excavation : « C’est la première fois que nous atteignons un tel niveau, explique Frédéric Marty, enthousiaste. Cette couche date du cinquième siècle avant J.-C. ! Nous avons aussi trouvé des tessons de l’époque romaine. »

À quelques mètres de là, le voyage dans le temps s’accélère. La profonde cheminée dégagée par la pelleteuse date de l’occupation allemande, qui avait entrepris de faire creuser par les réquisitionnés du Service du travail obligatoire le réseau de galeries qui forme le « tunnel de L’Hauture ». La structure en béton armé l’atteste. Les visiteurs du lieu, que la municipalité ouvrait chaque année aux Fosséens à l’occasion de la manifestation festive et culturelle des Chromatiques, ont peut-être remarqué au fond d’une des salles souterraines une vaste ouverture remontant vers la surface. On n’avait jamais su exactement où débouchait-elle ! Cachée sous un espace vert, sa sortie, s’il s’agit bien de cela, pourrait donc se trouver à une trentaine de mètres sur la droite de la statue de la vierge.

Ces différents éléments sont de précieuses sources d’informations historiques. L’entrepreneur des travaux les protégera d’une bâche avant de les recouvrir pour poursuivre sa tâche de restauration de l’esplanade de l’Hauture. Au terme de la surveillance archéologique des travaux, un rapport sera rédigé, consignant tous les éléments découverts.