Lundi 30 janvier s’est tenue salle du Conseil la réunion publique de présentation du démonstrateur « Power to Gas » baptisé Jupiter 1000. Porté par GRTgaz, gestionnaire principal du réseau de transport du gaz en France avec ses 32 000 km de canalisation, il va être testé sur Piicto (Plateforme industrielle et d’innovation Caban Tonkin), au sein de la pépinière d’entreprises Innovex, à Fos-sur-Mer. En ouvrant la séance, le maire a souligné tout l’intérêt de « ce projet qui s’inscrit dans la transition énergétique ». Il s’agit en effet de capter l'électricité renouvelable pour stocker son surplus dans le réseau gazier, en la transformant en hydrogène et en méthane. « Le stockage de l'énergie est le "chaînon manquant" de la transition énergétique, explique GRTgaz. Le "Power to gas" apporte une solution. »

 

En l’espèce, il s’agit d’abord d’utiliser de l'électricité captée depuis les quatre éoliennes présentes sur la Zone industrialo-portuaire pour transformer de l'eau en hydrogène par électrolyse. Cet hydrogène pourra ainsi être stocké dans les gazoducs, mais ces réseaux ne tolèrent qu'une proportion de 6%. D’où l’idée de transformer ensuite cet hydrogène en méthane de synthèse, gaz naturel identique à celui qui circule déjà dans les réseaux. C’est le procédé dit de « méthanation », qui absorbe et recycle le CO2, qui sera en l’occurrence directement prélevé dans les cheminées de l’usine Ascométal ! L’intérêt est multiple : la possibilité de stockage longue durée de l’électricité renouvelable, qui sera rendu de plus en plus nécessaire par la transition énergétique et le développement de l’éolien et du photovoltaïque, mais aussi le remplacement du gaz fossile par du gaz « vert », renouvelable, et du gaz importé par une production locale, ce qui réduira la dépendance énergétique de la France.

 

Pour un budget de 30 millions d’euros, le démonstrateur va occuper une surface de 6000 m2, environ celle d’un terrain de football, et sa mise en service est prévue fin 2018. Il s’agit d’ « un modèle réduit préparant l’avenir », qui vise à valider la fiabilité des process et à évaluer la possibilité de bâtir un modèle économique pour lancer cette nouvelle filière en France. « Sans rentabilité, pas de filière », a prévenu Patrick Prunet, directeur du projet.