« Mon grand-père toréait avant la guerre d’Espagne, mon père aussi. Quant à mon frère, il était raseteur… », explique Maxime. L’amour du « toro », chez les Solera, est donc bien ancré dans la culture familiale. Voici donc comment l’on trouve deux frères Solera à l’affiche du spectacle taurin du 6 juillet prochain, aux arènes municipales de Fos-sur-Mer.

L’aîné, Raphaël, raseteur fort de l’expérience de plus de dix ans de piste, a réuni une équipe constituée de ses copains anciens élèves de l’École fosséenne de raseteurs : Damien Moutet, Geoffrey Ferréol, Thomas Roig et Jérémy Ciacchini seront de la partie. Si l’on excepte Mathieu Marquier, hélas blessé, on n’est pas loin de la fine fleur des raseteurs fosséens ! Ils effectueront une démonstration de cet art typiquement camarguais qui consiste à passer au ras – d'où le verbe « raseter » - des cornes du taureau, pour s'emparer à l'aide d'un petit crochet de la cocarde, des glands et de la ficelle. Quant à Raphaël Solera, qui est « passé de l’autre côté » depuis un an, ayant abandonné la compétition dans l’arène pour devenir tourneur (de Damien Moutet), il effectuera quelques rasets, en souvenir du bon vieux temps : « On vient pour faire plaisir, au profit d’une belle cause, explique-t-il. Et puis c’est l’occasion de nous retrouver, avec mon frère, sur la piste : moi, j’ai arrêté de raseter et lui commence une belle carrière tauromachique, c’est un peu comme une passation… »

Maxime Solera en effet, à 23 ans, est en pleine ascension dans l’exigeant métier de torero. En avril 2014, il toréait une novillada sans picador (combat contre un taureau âgé de trois à quatre ans) en ouverture de la feria d’Arles, son premier grand rendez-vous tauromachique. Depuis, le Fosséen est parti s’installer en Espagne, où il a rencontré, lors de son séjour à l’école taurine de Zaragoza, l’ancien matador de toros Enrique Guillèn, devenu son agent. Aujourd’hui, il affiche déjà un palmarès conséquent : « L’an dernier, j’ai fait 20 novilladas sans picador, 6 festivals, j’ai toréé avec le fils d’El Cordobès... », récapitule-t-il. Et il est passé professionnel, le 20 août 2016 à Guadalajara (Mexique), en officiant pour la première fois dans une novillada avec picador : « J’en ai toréé une 2e ensuite, précise-t-il. J’y ai été le triomphateur de la feria à laquelle participaient 15 toreros ! Et début avril, j’ai commencé la saison par un triomphe en coupant deux oreilles dans un festival, à Gimeaux, où toréaient deux matadors de toros. » Son objectif est d’en devenir un à son tour, en « prenant l’alternative », suivant la terminologie consacrée. Pour cela, il faut d’abord toréer 25 novilladas avec picador : plus que 23 pour Maxime ! Là, en tant que matador, il défiera des taureaux de plus de 4 ans, adultes pesant jusqu’à 600 kg – contre 450 à 500 pour un animal de mois de 3 ans : « Ils ne laissent pas passer une erreur ! », prévient-il. Reste l’éternel paradoxe de proclamer son amour des taureaux et de les mettre à mort… « L’objectif est de gracier le taureau parce qu’il aura eu un comportement de bravoure, de noblesse, rappelle-t-il. Il sera alors gardé pour la reproduction. Sinon, à la fin, c’est un duel : je suis face à lui, je vais me jeter entre ses cornes, c’est lui ou moi. Je lui offre ma vie. » En attendant, lors de cette belle soirée du 6 juillet à Fos-sur-Mer, pas question de cela : il n’y aura pas de mise à mort ! Juste un formidable spectacle à savourer, au profit d’une belle cause : les 2 € du ticket d’entrée seront reversés à l’association Fos handicap enfants extraordinaires. Deuxième bonne raison pour ne pas manquer ce rendez-vous !

Arènes municipales de Fos-sur-Mer
Le 6 juillet à 21h
Organisé par l'association Aficion taurine fosséenne : 06 24 35 01 66