« Vous allez voir, la salle derrière nous n'est plus votre salle habituelle, nous avons installé des tables, des chaises et des assiettes, c'est devenu un restaurant ! Nous allons jouer des personnages, ceux qui viennent manger dans ce restaurant, certains étant en situation de handicap et d'autres jouant le rôle des personnes qui leur viennent en aide, qu'on appelle les aidants. » Trois agents du Centre communal d'action sociale (CCAS) étaient présents hier après-midi à la Maison des enfants, pour animer un atelier de sensibilisation au handicap sous forme de jeu de rôle. Une enfant a ainsi pris place dans un fauteuil tandis qu'un de ses camarades a joué le rôle de la personne l'aidant à se déplacer - pas facile de manœuvrer un fauteuil ! -, un autre enfant a incarné le maître d'hôtel accueillant les convives et les guidant jusqu'à leur table, un autre encore a prêté ses yeux à un agent du CCAS aveuglé par des lunettes opaques, spécialement conçues à cet effet... Il y avait aussi cette mamie, jouée par une animatrice du CCAS, sourd-muette et se déplaçant à grand peine avec son déambulateur, se cognant sciemment contre tous les obstacles sur son passage, qu'il s'est agi de conduire à sa place, non sans mal !

Très ludique, l'exercice s'est aussi révélé éminemment pédagogique. « Vous avez ri tout à l'heure, en voyant la mamie se cogner partout ; mais si vous voyez une personne dans une telle situation, il ne faut pas se moquer d'elle. Au contraire, il faut lui proposer de l'aider. Mais ne pas l'aider avant qu'elle ne l'ait accepté : certaines personnes préfèrent se débrouiller toutes seules. » Une belle satisfaction au terme de cet atelier : les enfants, très à l'écoute, ont montré qu'ils étaient déjà bien sensibilisés au handicap, avec un regard bienveillant : « Il y a un garçon à l'école qui crie tout le temps ; certains le prennent pour un fou, mais il essaie juste de communiquer », a par exemple témoigné une fillette. « Il ne faut pas dire qu'il est fou, je préfère dire qu'il est différent », a répondu l'agent du CCAS. Et c'est de l'acceptation de cette différence et de l'empathie que naît la solidarité, l'inclusion et le vivre ensemble : les petits Fosséens auront bien retenu la leçon.