Lors de l'annonce du confinement, le chef de l'état a mentionné que seules les missions essentielles à la vie quotidienne des Français devaient être maintenues. La question de savoir quelles activités prioriser s'est aussitôt posée au sein de la régie intercommunale de collecte et de valorisation des déchets (RICVD), gérée par la Aix-Marseille Métropole.

"Pour des raisons sanitaires, celles de garder des villes propres et saines, le ramassage des ordures ménagères et la collecte des points d'apport volontaire ont été définis comme des priorités absolus, explique Delphine Granoux, la directrice de la structure. Avec la nécessité d'assurer ce service public alors même que la RICVD, comme n'importe quel établissement public ou privé dans le contexte actuel, peut être confrontée à des situations jusqu'alors inhabituelles : absences exceptionnelles de certains agents pour gardes d'enfants, absentéisme pour maladie... ". Ces missions doivent aussi être remplies en toute sécurité pour les agents qui les assurent. "Nous avons renforcé la protection de nos agents. Ils portent des gants chirurgicaux sous leurs gants de travail et  des masques. Ils ne peuvent plus être ensemble dans la cabine de la benne. Le chauffeur récupère donc les rippeurs au début de la tournée afin qu'ils la fassent uniquement sur les marchepieds, évitant ainsi tout contact".


La métropole a convenu de fermer la déchèterie, "le service étant jugé comme non essentiel pour la salubrité publique, explique Delphine Granoux. Nous voulions aussi éviter des situations de proximité avec les agents d'exploitation. En outre la fréquentation de la déchèterie était non souhaitée car elle aurait permis des déplacements d'usagers qui ne sont absolument pas prévus par les mesures de confinement". En effet, rappelons-le, les déplacements sont dérogatoires et réservés à des motifs précis, parmi lesquels on ne trouve pas la possibilité de se rendre à la déchèterie.

 

Et les déchets verts et les encombrants dans tout cela, direz-vous ? Ces déchets ne relèvent pas des nécessités de nos vies quotidiennes. Tailler sa haie n'est pas vital. Ni tondre sa pelouse. Faire du rangement dans son garage et ses placards, c'est bien puisqu'on a le temps ; en même temps, il est encore possible de stocker ce dont on ne veut plus en attendant la fin de la crise. Idem pour les vêtements passés de mode dont on veut se défaire.

Ce temps de confinement nous invite tous à réfléchir à l'essentiel, à hiérarchiser nos priorités et repenser notre zone de confort. La gestion de nos déchets est et restera dans cet après du confinement, une question essentielle à traiter : en réduire la production en modifiant nos modes de consommation ; cesser de les jeter n'importe où sans se préoccuper de ce qu'ils deviennent ; penser réparation, réutilisation, recyclage, voir prêt et location... Autant de défis qui nous attendent et auxquels nous pouvons déjà réfléchir en laissant pousser l'herbe et fleurir les pissenlits que butinent encore quelques abeilles courageuses.