Après avoir tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises, auprès de nombreux ministres et services de l’État, l’association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF) passe à l’offensive juridique. « Le retentissement de l’étude Fos Epseal, rendue publique en février 2017, a braqué les projecteurs médiatiques sur Fos-sur-Mer, explique Daniel Moutet, le président de l’association. Nous pouvons aujourd’hui compter sur les médias et le soutien d’avocats engagés en faveur de l’environnement pour obliger l’État à prendre ses responsabilités et mettre en place des mesures en faveur de la santé des Fosséens. Nous comptons sur la mobilisation de tous pour nous faire entendre. »

L’ADPLGF invite les Fosséens à une réunion publique qui se tiendra lundi 12 février, à partir de 18h au centre culturel Marcel-Pagnol. Seront présentés les résultats de la campagne d’analyse sur les produits alimentaires du pourtour du golfe de Fos (lire ci-dessous). Yolaine Ferrier et Johanna Lees, de l’étude Fos Epseal, interviendront pour étayer la question de la santé par rapport à la pollution. Ces propos introduiront l’annonce officielle dont les retentissements se feront certainement entendre au cours des prochains mois.

« En effet, l’ADPLGF prévoit d’engager des procédures juridiques, qui vont obliger l’État prendre ses responsabilités, soutient Daniel Moutet. Nous envisageons notamment de déposer une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui. Le gouvernement doit maintenant prendre des mesures pour réduire la pollution sur la Zone industrialo-portuaire. » L’association fosséenne compte sur le soutien et l’engagement des Fosséens. « Plus nous serons nombreux, plus notre démarche aura de chances de réussir. Nous pouvons nous faire entendre. L’abandon d’un projet controversé comme celui de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes démontre que la mobilisation des citoyens peut être couronnée de succès. » Au cours de la réunion publique, à laquelle la presse nationale assistera, les participants répondront aux questions posées par le public. Grâce aux perspectives offertes par ces procédures, ce jour marquera un nouvel élan dans la mobilisation des Fosséens pour leur santé et leur environnement.

 

Une étude aux résultats évocateurs
L’association a sélectionné 7 produits classés AOC, provenant de la région de Fos-sur-Mer et, de fait, jouxtant la Zone industrialo-portuaire : taureau de Camargue, moutons de Crau, fromages de chèvre, œufs, huile d’olive, poissons du golfe de Fos et moules de Carteau. Achetés anonymement, ces produits ont fait l’objet de prélèvements expédiés à deux laboratoires indépendants, une première fois en 2009, puis une fois par an entre 2011 et 2015. Dans chaque échantillon, ont été chiffrées les proportions de certains polluants. Les résultats se situent au-dessus des moyennes nationales constatées par la direction générale de l’Alimentation sur des centaines d’analyses réalisées en France. Sur certains produits, ont été constatés un ou deux dépassements de la norme européenne. L’intégralité des résultats sera communiquée et commentée, lors de la réunion publique du lundi 12 février à 18h, au centre culturel Marcel-Pagnol.

 

Le mot du maire, René Raimondi
La médiatisation de l’étude Fos Epseal et les nombreux reportages sur la question de la pollution à Fos-sur-Mer, diffusés pendant l’année 2017, ont réveillé les consciences. De nombreux élus, au-delà des limites de notre commune, sont interpellés par ce que nous vivons. Les Fosséens sont enfin pris au sérieux, quand ils réclament un environnement moins pollué. Nous devons profiter de cette prise de conscience générale pour continuer le combat. Nous devons nous mobiliser pour notre santé, celle de nos enfants et petits-enfants. Le faire auprès de l’ADPLGF est une nécessité. Porter plainte est indispensable pour faire réagir l’État et l’obliger à prendre ses responsabilités. Les personnes qui donnent les autorisations d’exploitation doivent assumer les conséquences de leurs décisions. Nous réclamons des mesures pour faire diminuer la pollution sur la Zone industrialo-portuaire, tout en garantissant le maintien des entreprises et leurs emplois sur la zone, et que soient reconnues les maladies liées à cette problématique.