Au collège André-Malraux, le manga est une histoire sérieuse. Depuis 2009, Julien Étienne, professeur d’arts plastiques, propose un atelier Manga. Aujourd’hui, une trentaine d’élèves conçoit et réalise au cours de l’année scolaire un tome de bande dessinée inspirée de cet art japonais, qui a dorénavant ses lettres de noblesse en France. Le succès de cette proposition a motivé l’édition de Darkschool. Adossé à cet atelier, un cours de japonais est animé par Teddy Klopfenstein, pour permettre une édition bilingue des tomes 1 et 2 des aventures de Darkschool.

Tous les jeudis et vendredis, pendant la pause méridienne, la salle réservée aux arts plastiques se transforme en véritable studio de création. La chaîne graphique a été décomposée en plusieurs postes pour mener à terme cette belle aventure créative, qui éveillent chez les adolescents passion et application. Le scénario du manga a été défini en début d’année. Il a demandé trois semaines d’écriture, qui se sont traduits par un story-board de 32 planches. Le scénario continue à être affiné et amélioré en cours d’année : Fabien, Maxime, Laurine et Maléna rédigent les textes et les dialogues au fur et à mesure de l’avancée des planches.

A la table des « crayonnés », sept élèves sont penchés sur des planches aux cases pré dessinées. En fonction de ses facilités et affinités, chaque élève reproduit un ou plusieurs personnages, fidèlement au story-board. Il revient par exemple à Léa de dessiner les élèves, les animaux et les anciens professeurs. Une fois la planche crayonnée, elle est transmise à Christopher pour l’encrage : « Je reprends les contours des personnages avec des stylos spéciaux, aux mines allant de 0,2 à 0,8 mm d’épaisseur. Je dois être très précis ». Sur la table voisine, Alexandre, très concentré et attentif, dessine les ombres, en fonction d’un soleil imaginaire : « C’est un geste très technique, précise-t-il, car il y a toujours le risque que l’encre bave. Je ne dois pas gâcher le travail de mes camarades ».

Le poste voisin est dédié à la décoration. Les décors sont en effet dessinés à part, afin d’être intégrés dans les planches finales par les infographistes. La répartition des tâches est très structurée : Loïc fait un premier dessin, avec le moins de détails possibles ; Rémy assure le lavis moyen, Sarah le lavis clair et Romane le lavis foncé. Quant à Kenny, il apporte de la lumière aux décors en déposant des touches blanches sur la planche. Raphaël reprend ensuite à la plume et l’encre de chine ces décors, en y apportant des détails. « Dans l’atelier manga depuis deux ans, je cherche à développer ma technique et mon inspiration en lisant beaucoup de mangas. Je cherche toujours à faire mieux », confie le jeune collégien.
De leur côté, Alexandre et Nolan se chargent de dessiner les bruits et les onomatopées. Les « Crik », « Miaou », « Pioupiou », « Ouaf » n’ont plus de secrets pour eux.  Il en résulte un vrai travail d’équipe où chacun doit faire appel à son imagination, tout en respectant les travaux des autres participants.

Une des ultimes étapes est celle de l’infographie : les collégiens dédiés scannent les différentes planches (personnages, décors, textes, onomatopées, bulles). Les fichiers sont nettoyés, les niveaux de noir et blanc équilibrés, les calques superposés et intégrés. La planche finale voit alors le jour, au terme d’un long travail de répartition des tâches dont chacun se satisfait.

L’objectif final mobilise les énergies de ces collégiens passionnés : l’édition en fin d’année scolaire du tome 3 de Darkschool, de la trilogie complète en français, et de l’édition des tomes 1 et 2 en franco-japonais.

Mise à jour de juin 2017 : L'atelier Manga du collège en dédicaces