Ci-dessus, photo d'illustration réalisée en avril 2005

« J’ai été informé de la démarche portée par Madame Moulina et un groupe d’habitants de la commune et j’ai bien entendu été sensible à la fois aux désagréments décrits, et à la structuration de cette démarche. Formulées collectivement et sincèrement, les requêtes sont légitimes et appellent une réponse sérieuse et responsable.

L’opérateur EID Méditerranée, également destinataire de la pétition, formulera une réponse sur le plan scientifique et technique mais d’ores et déjà je tiens à éclaircir certains points cruciaux du débat.

-  Tout d’abord la situation est connue et prise en compte. La commune de Fos-sur-Mer fait partie de la zone de démoustication et des 23 communes du département visées par l’arrêté préfectoral. En vertu de ce dernier, l’opérateur EID Méditerranée est présent sur le terrain et déclenche de manière autonome les opérations de résorption des nuisances.

-  Il s’agit d’ailleurs de distinguer ce qui relève de la santé publique et du contrôle de la nuisance. La santé publique dans ce domaine est une compétence obligatoire du département et le contrôle de la nuisance une compétence facultative dont les Bouches-du-Rhône ont choisi de se doter dès 1958.

Bien-sûr nous connaissons ces moments où le quotidien et la vie en plein air sont gâchés par les moustiques. Mais il s’agit là d’une nuisance. Les opérations de santé publique sont celles qui concernent le risque épidémique. Là, le risque est naturellement faible et nous n’avons jamais eu à faire face à une épidémie liée au moustique. Dans un tel cas serait mis en œuvre le plan anti-dissémination du Ministère, efficace en cas de déclaration épidémique et géré par l’ARS via l’opérateur agréé EID Méditerranée.

-  J’en profite pour aborder la question du moustique tigre et la nécessaire distinction avec le moustique commun, en particulier les aedes caspius et aedes detritus. Ces derniers sont les moustiques des zones humides littorales. Ils peuvent parcourir de longues distances et être nuisibles à plusieurs dizaines de kilomètres de leur lieu de naissance. Ainsi donc, pour protéger une commune il convient de traiter les territoires alentours. Vous l’imaginez, la tâche n’est pas évidente.

Le moustique tigre, aedes albopictus, espèce envahissante ayant colonisé le territoire national depuis 2004, est quant à lui un moustique « urbain », il se déplace très peu (quelques centaines de mètres tout au plus). La responsabilité ici incombe aux particuliers car c’est dans de petites coupelles ou pots de fleurs que ses larves se développent. Il convient donc d’être vigilants car bien-sûr des opérations globales ne peuvent être menées dans l’espace urbain. [Lire à ce sujet tous les gestes à adopter dans notre article Les moustiques au régime sec, NDLR]

-  Il est important par ailleurs de préciser que la leishmaniose est certes causée par un diptère, le phlébotome, mais pas par le moustique tigre. Le virus West Niles ne lui est pas imputable non plus. Le moustique tigre peut être un vecteur potentiel (de la dengue, du zika, du chikungunya) mais, encore une fois, il n’a pas été à l’origine en Métropole de propagation épidémique.

-  On ne parle pas d’éradication mais de contrôle de la nuisance, le travail étant effectué sur les larves par des bio-insecticides. Les moyens sont importants et visent la plus grande efficacité, qu’il s’agisse de pulvérisations précises à la main, via des engins chenillés, voire par avion. Les zones concernées sont la plupart du temps classées Natura 2000 et il est obligatoire de procéder avec des insecticides biologiques : la protection de la biodiversité et des écosystèmes est indispensable. On ne peut se battre pour la qualité de l’air et pour une industrie écologiquement responsable tout en souhaitant l’épandage massif de produits chimiques.

-  Les dernières opérations menées par EID Méditerranée ont eu lieu à la fin du mois de février et il peut y avoir eu un pic de nuisances en amont. En tout cas, ce pic ne présage pas de ce que sera la présence des moustiques cet été.

En tout état de cause et en résumé, il est important que les citoyens fassent remonter leur expérience du quotidien et je les en remercie.

Je les rassure également car les pouvoirs publics et l’opérateur agréé ont connaissance de la situation et agissent, mais Fos est porte de Camargue et le moustique fait partie de notre identité. Chacun a une véritable responsabilité et la possibilité d’agir sur la prolifération du moustique tigre qui se développe toujours dans le domaine intra-domiciliaire.

La grande mobilité des aedes caspius et aedes detritus peut quant à elle expliquer l’arrivée moustiques en provenance de zones non traitées.

Le site internet d’EID Méditerranée (www.moustiquetigre.org) est une mine d’informations utiles, l’opérateur est disponible pour échanger directement.

Je suis en action, aux côtés des autres acteurs publics et des professionnels, et à l’écoute des retours des Fosséens pour que la vie en plein air soit la plus agréable possible.

Cette réflexion doit prendre en compte de nombreux paramètres et doit s’enrichir de l’échange citoyen. »