« Il y a quatre ans, nous avons commencé Ordina Fos, opération destinée à remplacer Ordina 13, que le Conseil départemental avait supprimé », a expliqué le maire, Jean Hetsch, hier à l’école Gérachios, lors de la remise des tablettes aux CM2 de l’école ainsi qu'à ceux de Jean-Giono et Joseph-d’Arbaud. Pour les élèves de Del Corso et du Mazet, ce sera le 6 juin.

« Aujourd’hui, ce qu’on appelle "les nouvelles technologies", mais qui existent en réalité depuis très longtemps, sont de plus en plus indispensables, a poursuivi l’édile. En quatre ans, nous avons distribué 706 tablettes. C’est un investissement financier mais surtout humain : nous voulons donner les meilleures chances à nos enfants. Mais c’est un outil dont il faut savoir se servir sans risque, pour soi et pour les autres. Voilà pourquoi nous associons cette année la remise des tablettes à celle du Permis Internet, par le major de police Georges Canepa [délégué à la Cohésion police-population] ».

 

Magali, dont le fils venait de recevoir sa tablette, nous a confié : « Nathan me demandait dans la voiture pourquoi on leur offrait une tablette. Je lui ai répondu qu’il y a des enfants qui n’ont pas Internet à la maison. Offrir cette tablette, c’est permettre que tout le monde possède les mêmes chances dans le travail. » Elle a parfaitement résumé la philosophie de l’opération.

 

Travailler en jouant

Qu’en pensent donc enfants et enseignants ?

Virginie Rosier, professeure des écoles en CM2 à Gilbert-Del Corso, a bien voulu nous ouvrir les portes de sa classe. « Les enfants, on va sortir les tablettes », annonce-t-elle, ce que ponctuent les élèves d’un « Ouais ! » vibrant de satisfaction. Qu’apprécient-ils donc dans le fait d’utiliser la tablette en classe ? « C’est plus rapide pour écrire : on est la génération qui s’y connaît un peu en informatique, donc on sait faire, et du coup, on préfère », analyse Gabriel.

Cette facilité d’écriture est mise en avant aussi par Ismaël : « J’ai plus l’habitude d’écrire avec un clavier qu’avec un stylo, explique-t-il. Et puis j’aime bien les écrans en général, donc ça me plaît de travailler sur la tablette. »

Théa ajoute un autre élément : « Nous avons une amie qui était dans notre classe et qui est partie au Canada ; avec la tablette, on peut lui envoyer des messages ». Arthur souligne enfin un autre aspect : « On le prend comme un jeu, donc on travaille mieux ». 

Point confirmé par son enseignante : « Ils ont l’impression de jouer. Il y a des questionnaires à choix multiples très ludiques, où ils peuvent se comparer les uns aux autres en fonction de leur rapidité de réponse… Et puis sur la tablette, chacun va à son rythme, ce qui leur procure une certaine autonomie dans le travail, même si je dois toujours être derrière pour vérifier ce qu’ils font. Enfin, elle renforce l’entraide entre les élèves : qu’il s’agisse de problèmes techniques ou de compréhension, cet outil les rend moins timides et ils n’hésitent pas à venir aider les copains, et ceux qui aident le plus sont notamment ceux qui sont d’habitude en retrait. »

Comme si la tablette les décomplexait… Et l’emporter chez soi, en accès libre ? « C’est cool, On pourra jouer à la maison, mais aussi réviser pour le collège », se projette Gabriel. « On pourra jouer mais aussi apprendre, abonde Théa. À la maison, nous avons un ordinateur familial ; la tablette, je serai la seule à l’utiliser. »

Pour Arthur, ce cadeau tombe à pic : « Ma tablette vient de se casser, celle d’Ordina Fos va la remplacer. »