Au cœur de l'été, le GPMM, le Grand Port maritime de Marseille, publie un nouveau règlement particulier de police des pêches. Ce document apporte de nombreuses restrictions sur la pratique de la pêche de loisir dans le golfe de Fos, une activité ancestrale et culturelle de notre littoral qui concerne un nombre important de Fosséns et de pratiquants venus des villes voisines comme Martigues, Port-de-Bouc et Port-Saint-Louis-du-Rhône. Ces restrictions portent notamment sur le nombre de prises de poissons par jour, la pêche de nuit ou encore l'extension des zones interdites. Elles provoquent la colère des pêcheurs et des élus locaux qui, depuis plusieurs semaines, se mobilisent pour défendre la pêche de loisir. À Fos-sur-Mer, par exemple, une très grande majorité des anneaux du port de plaisance Claude-Rossi est occupée par des pêcheurs amateurs. Ils vivent leur passion à titre individuel, ou au travers de leur appartenance à une association, et la pratiquent dans le golfe de Fos au sein des zones autorisées. Ces pêcheurs amateurs, soucieux de la préservation des espèces, s'attachent à se conformer aux normes édictées par la fédération de pêche en matière de taille des prises, des périodes de pêche et de respect des espèces protégées.

 

La mobilisation s'organise

Mobilisé contre ce nouveau règlement, le Collectif du golfe de Fos à l'étang de Berre, qui représente environ 1500 pêcheurs, se réunissait hier au Théâtre de Fos pour faire le point sur les actions à mener pour lutter contre ce nouveau règlement. Près de 250 pêcheurs ont fait le déplacement ainsi que Jean Hetsch, maire de Fos-sur-Mer, avec son adjoit René Raimondi, mais aussi les maires de Port-de-Bouc et Port-Saint-Louis-du-Rhône, sans oublier des représentants du maire de Martigues. Mobilisé très activement contre ce règlement de police des pêches, Jean Hetsch a notamment évoqué hier soir la motion votée la veille à l'occasion du Conseil municipal contre ce texte, ainsi qu'une réunion organisée avec le sous-préfet d'Istres. À la tribune, le maire de Fos-sur-Mer a précisé: "J'ai demandé au sous-préfet que la pêche de nuit, et notamment la pêche aux calamars, puisse être de nouveau possible. Il y a aussi les concours de pêche qui doivent pouvoir être organisés car ils participent à la vie locale et c'est important de pouvoir le faire. Concernant le nombre de prises, nous ne sommes pas dans un parc naturel, nous ne sommes pas dans une réserve, il n'y a donc pas de raison de renforcer la réglementation. Enfin, chaque personne est responsable pour ne pas aller dans les zones déjà interdites et là-aussi, il n'y a pas de raison de les étendre. Le sous-préfet a ouvert une porte concernant la pêche de nuit. Nous sommes sortis de la réunion avec la possibilité de faire des propositions pour défendre notre position. Avec les élus présents à mes côtés et les pêcheurs, nous allons donc travailler sur ces contre-propositions pour retrouver la liberté de pêcher dans le golfe de Fos."

 

Un plan d'action

La réunion organisée hier soir au théâtre de Fos-sur-Mer avec les pêcheurs et les élus locaux était donc l'occasion de faire un point sur les actions entamées et de poursuivre la mobilisation. Pour tous, les arguments avancés dans la publication de ce nouveau règlement comme le braconnage, les incivilités ou encore la sécurité ne tiennent pas et la mobilisation doit être forte pour inciter le GPMM et les services de l'État à revenir sur ce texte. Un nouveau rassemblement de pêcheurs pourrait d'ailleurs avoir lieu le 31 octobre prochain.