Après des travaux qui ont débuté en mai 2018, pour un coût global de 5,4 millions d'euros, la Maison des Arts est désormais opérationnelle. Elle est destinée à recevoir 21 associations artistiques de la ville et particulièrement celles qui œuvrent dans les domaines de la musique et de la danse.

Quelque 800 pratiquants fosséens attendaient avec impatience ce nouvel équipement public structurant. La Maison des Arts présente l'avantage de regrouper en un seul et même lieu des pratiques jusqu'alors disséminées un peu partout dans la ville, au gré des disponibilités dans les structures susceptibles d'accueillir ce type d'activités. Une opération Portes ouvertes s’est déroulée le 26 septembre dernier, où le public a pu découvrir ce splendide écrin. « Une nouvelle ère de la culture s’ouvre à Fos et ce bâtiment montre que le passé, le présent et le futur peuvent se mélanger, dans la fidélité à l’identité des lieux », a commenté le maire.

 

Respecter l’aspect patrimonial

Le site choisi pour l'implantation de ce navire-amiral de la culture fosséenne est celui de l'ancienne ferme du Mazet, vieille de plus de 200 ans : les recherches historiques datent sa construction de 1815. Elle a fait l'objet d'une rénovation complète, afin de parfaitement l'intégrer dans son environnement et l'adapter aux pratiques artistiques. « L’objectif était de réhabiliter un bâti remarquable, explique Brice Roullée, architecte en charge du projet au sein du cabinet marseillais BA Architecture. Son âge fait qu’il était fortement dégradé.

Il s’agissait d’intervenir avec modestie : dans ce genre d’opération, plus l’intervention est discrète, mieux c’est. » Ou comment se mettre au service de l’existant, pour mieux le magnifier en lui apportant coup de jeune et modernité. L'architecture de la Maison des Arts respecte en effet l’aspect patrimonial de l’ancienne ferme, avec des matériaux naturels (tuiles de la toiture conservées, pierres apparentes sur les murs intérieurs, enduits à la chaux, parquets en chêne massif, isolants en laine de bois…), tout en lui amenant un design plus contemporain, rappelant le caractère industriel de la ville par l’alliance de l’acier, de la pierre et du métal.

« La tôle métallique, toute en transparence, rappelle la forme des roseaux », explique l’architecte. Placée devant les salles de danse, cette sorte de treille offre en outre l’avantage de masquer l’intérieur, sans altérer la luminosité. Des meurtrières ont également été creusées dans la façade, pour optimiser là encore la lumière. Et des simulations faites pour s’assurer que la température ne soit pas trop élevée à l’intérieur l’été – un système de rafraichissement est tout de même installé en cas de vraie canicule.

 

Un temple de la culture de 1500 m2

« La seule véritable création architecturale est la "dent creuse", reprend l’architecte, visant l’espace vide qui séparait le corps de ferme des écuries. « C’est désormais un atrium, qui distribue les deux espaces du bâtiment, le pôle Musique dans l’ancien mas et le pôle Danse à la place des anciennes écuries. » Autour de ce hall d’accueil en point central, l’aile ouest propose deux salles aux volumes généreux pour le pôle Danse – la plus grande mesure 120 m2 -, avec vestiaires et sanitaires, et l’aile est accueille les salles du pôle Musique, à l’acoustique soignée – « Nous avons travaillé avec une acousticienne », précise Brice Roullée.

À l’extrémité de cet espace dédié à la musique, est aménagée une salle de concert avec baie vitrée coulissante ouvrant vers l’extérieur. Salles de danse et studios de musique, mais aussi salles d’activités et de réunion offrent toutes les commodités utiles aux associations. Surface globale de la Maison des Arts : 1472 m². Le projet bénéficie en outre d’une haute qualité environnementale, récompensée par une médaille d’argent du label "Bâtiments durables méditerranéens". Une réussite aussi bien pratique qu’esthétique et compatible avec les enjeux écologiques : cette Maison des Arts réalise décidément un sans-faute.

 

Une esplanade de verdure

« Il fallait intégrer le bâtiment au site, dans la continuité de l’arboretum », précise l’architecte Gilles Roullée. Aussi plus de 2000 m2 ont-ils été aménagés par un paysagiste, avec notamment des vignes et des oliviers, plantations historiques des lieux lorsque le bâtiment était à vocation agricole. Ce que confirme Andrée Raoux-Didier, qui a grandi dans la ferme : « Mes grands-parents étaient fermiers, rappelle-t-elle. J’ai vécu sur place jusqu’à l’âge de 25 ans. Ils faisaient les olives, la vigne – Tout Fos venait faire les vendanges au Mazet !  -, les amandes, le foin, le melon, le miel… »

Plus de 35 ans après avoir quitté les lieux, synonyme pour elle d’une jeunesse heureuse d’avant l’implantation de la Zone industrialo-portuaire, elle avoue avoir toujours un pincement au cœur en passant à proximité. Et elle a retrouvé avec la réhabilitation l’endroit qui lui inspire tant de nostalgie : « Le site a été respecté, juge-t-elle. Le bassin d’arrosage est par exemple toujours là. Nous, il nous servait de piscine ! » Ce parc paysager n’offre pas encore son visage définitif : l’allée centrale va être plantée de platanes, pour créer l’ombre indispensable à cet espace meublé de bancs. Les arbres seront plantés fin novembre, parce que « À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine ».

 

Paroles de futurs usagers

 

Lors des Portes ouvertes du 26 septembre, nous avons recueilli les impressions de futurs usagers de la Maison des Arts, unanimement séduits par ce nouvel équipement. Marc Levantidis par exemple, directeur coordinateur de l’AICF - Fos’ Musiques, confie n’en penser « que du bien : c’est un formidable outil qui, j’espère, donnera un formidable élan. Tout y a été très bien pensé, aussi bien en matière de son que de distribution géographique des espaces, bien agencés. Et derrière les vieilles pierres, on est à la pointe de la technologie : c’est du vintage high-tech ! »

Côté danseurs, Michel Fonte, président de Fos Country, est tout autant enthousiaste : « Les salles sont très belles et les équipements à notre disposition dans la Maison des Arts nous éviteront de devoir comme avant trimballer la sono partout », se félicite-t-il. Ses adhérents pourront venir y danser avec leurs traditionnelles « santiags » : le sol de l’une des salles est en béton poli, qui ne craint nul coup de talon !