Passionné par l’histoire et le patrimoine de sa ville, ancien de la sidérurgie, élevé dans la tradition taurine, conseiller municipal pendant 18 ans et militant associatif, Louis Barnès, dit « Loulou », vient de disparaître. Fos est en deuil. 

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Fosséen de toujours, Louis Barnès a été l’ardent défenseur du patrimoine de sa ville. Ayant grandi entre les remparts de l'Hauture et les marais de la ville, il a toujours porté à son village un lien très fort. Cet attachement l'a conduit très tôt à se passionner pour l'histoire de Fos-sur-Mer.

Celui que tout le monde appelait « Loulou » aura pu assouvir sa passion durant ses 18 années de mandat en tant qu’élu délégué au Patrimoine. Avant même d'être élu municipal en 1983, il cherchait à reconstituer les chroniques de la ville. Sous son impulsion ont été entreprises de longues recherches pour retrouver les archives historiques de la ville, éparpillées jusqu’à Paris. Le résultat se livre dans un premier ouvrage édité par la mairie, Fos, ma ville, qui remonte jusqu’à la préhistoire. Louis Barnès fait partie de l'équipe de rédacteurs, emmenée par Pierre Feder, y signant les pages concernant la période de 1900 à 1945 : « J’allais tous les soirs prendre l’apéritif avec les anciens et je laissais tourner le magnétophone », racontait-il en riant. Ce qu’on lui a transmis, il s'est attaché à le retransmettre à son tour. Et pas seulement à ses deux enfants et ses deux petits-enfants. On a dit de lui qu’il était « la mémoire vivante ». Celle d’un gamin qui voyait les taureaux s’ébattre presque sous ses fenêtres, qu’on retrouve dans les années 60 « comique taurin », à jouer aux cartes avec ses comparses en pleine arène face à l’animal, puis militant de l’Association pour la défense et la protection du littoral du golfe de Fos… Cette aventure de recherches historiques a eu une suite avec un second livre, Fos, Métamorphoses, dont il a coordonné la réalisation et qui a connu un succès immédiat.

Pour faire rayonner l’histoire fosséenne, Loulou avait aussi créé l'association Racino e aveni, qui est à l'origine de la Fête médiévale. Organisée tous les deux ans, cette reconstitution d’une journée médiévale sur le château de Fos a permis de faire connaître et mettre en valeur l’Hauture. Malgré la maladie, il avait mis un point d'honneur à piloter l'édition 2015.

Même sa vie professionnelle est intimement liée à Fos-sur-Mer, de ses débuts à 16 ans dans les travaux publics, à remblayer le terrain où sera bâtie la raffinerie, à son entrée dans la sidérurgie en 1972, où il finira sa carrière.

"Loulou", c'était aussi l'artiste, à la fois troubadour, lorsqu'il se mettait à écrire des poèmes à sa façon, et à la fois peintre, qui signait ses toiles de son surnom fosséen, "Kakou". 

Jusqu'à son dernier souffle, Louis Barnès aura personnifié l’amour pour la ville de Fos-sur-Mer, qu’il portait chevillé au cœur.

Nous présentons toutes nos condoléances à sa famille et à ses proches, frappés par ce deuil cruel, dont nous partageons la douleur.

Les obsèques se déroulent demain à 10h, en l'église Saint-Sauveur, au pied de l'Hauture qu'il aimait tant.