Fosséens de l’âge de pierre

Les premières traces de vie humaine à Fos-sur-Mer remontent à 13 000 ans ! Juste au bord de l’étang de

l’Estomac, du côté des deux réservoirs du château d’eau. Le talus qui était alors une petite falaise y ménageait des abris rocheux. C’est là que vécurent les premiers Fosséens, à la fin du Paléolithique, des chasseurs cueilleurs dont on a retrouvé de nombreux outils de l’âge de pierre (racloirs, burins, pointes de flèches, lames de couteaux dentelées...). Ils dormaient dans des grottes à un kilomètre de l’actuel Hôtel de ville ! Il n’en reste que des blocs de pierre aujourd’hui çà et là, suite à l’érosion, aux éboulements et à la construction des châteaux d’eau. À proximité également, deux blockhaus allemands, vestiges de l’occupation. Le site, connu des préhistoriens, se nomme Mourre-Poussiou, du provençal mourre signifiant « colline en forme de museau » et poussiou pour poussiéreuse, sableuse. Il a donné son nom à la course pédestre annuelle organisée par le Fos olympique club, la Draille de Mourre-Poussiou.

 

Bientôt des « parcours ludiques » sur votre smartphone

La nouveauté est prévue pour cet été sur l’application Fos mobile : un « Parcours ludique » s’étendra sur le tour de l’étang sud et vous donnera accès, en partant des arènes, à des notifications lorsque vous vous situerez à divers points géolocalisés. Selon l’endroit, vous disposerez d’informations et d’explications concernant aussi bien l’environnement, la faune et la flore que l’historique, suivant le panorama que vous aurez sous les yeux. Offrez-vous ainsi votre balade commentée avec Fos mobile comme guide !

 

L’or blanc des salins

L'histoire contemporaine des salins de Fos, déjà exploités de l'Antiquité au Moyen-Âge, débute en 1834, date de leur création par un certain Antoine Balliste. Après leur rachat neuf ans plus tard par la société Agard, la Compagnie des salins du midi en prend finalement possession en 1856, pour en assurer l'exploitation jusqu'en 1968. Par la suite, la Ville continuera d'utiliser le sel pour déneiger les routes jusqu'en 1987, date de la dernière récolte. Robert Mazan, fils du directeur du site, a vécu aux salins jusqu'à l'âge de 20 ans. « À l'époque, il y avait trois employeurs principaux à Fos : Lafarge, la cartonnerie et les salins, rappelle-t-il. Lors de la récolte du sel, vers le 20 août, une centaine de sauniers était recrutée, des "forçats", souvent venus d'Italie, qui faisaient la récolte à la main, avec des brouettes. Selon les années et la météo - la pluie est néfaste -, 10 000 à 12 000 tonnes de sel par an étaient en moyenne récoltées. Dans les années 60, la Compagnie des salins du midi a voulu augmenter la production et agrandir le site d'exploitation en coupant l'étang en deux, construisant la digue entre les parties nord et sud - avec des pierres du rocher de Mègle. Mais les analyses d'eau ont révélé la présence de sources s'y déversant par infiltration, le projet fut finalement abandonné et les salins, trop petits, ont fermé. Il n'y restait plus qu'une vingtaine de sauniers. »

 

Les promenades de Fossa Mariana

Comme ceux de Fos rando, les marcheurs de l’activité Randonnée de l’association Fossa Mariana profitent de la proximité de l’étang pour en faire le point de départ de nombreuses balades. Chantal, Marie et Colette, animatrices de randonnée au club, détaillent : « En partant du parking de la médiathèque, nous allons vers les Amaryllis jusqu’au petit pont, puis nous prenons la direction de la digue. À mi-chemin, nous quittons la digue et prenons sur la droite en longeant l’étang où l’on peut apercevoir les flamants. Au bout du sentier, prendre à droite et emprunter l’autre digue séparant l’étang des salins et se diriger vers les arènes, en restant sur la droite pour longer le canalet, jusqu’à l’observatoire. » Ce n’est là qu’un exemple : les marcheuses vous conseillent aussi d’autres itinéraires, de l’autre côté par exemple, jusqu’au château d’eau et le site préhistorique de Mourre-Poussiou, où vous êtes dans la colline et pouvez prendre la direction de Beaume-Loubière ou de Parsemain, ou encore obliquer une fois aux arènes vers le quartier des plages. Des promenades 100% Fosséennes dont il serait dommage de se priver.

Renseignements : Fossa Mariana 04 42 05 04 72

« L’Estomach », de l’Antiquité au Moyen-Âge D’où vient l’appellation d’étang de l’Estomac ?

Vraisemblablement du latin stoma limna qui signifie « bouche des marécages », qui serait devenu au fil du temps par contraction stoma tout court, qui a d’abord donné « l’Estomach », puis l’Estomac. Il s’agit d’une lagune, à savoir une étendue d’eau séparée de la mer par une bande de terre, en l’occurrence la flèche de sable de la Marronède, reliée à la Méditerranée par une roubine puis par le canalet (creusé en 1779). Les auteurs de l’ouvrage collectif Fos ma ville ont trouvé la première trace historique de l’étang en 1543, lorsque le roi de France François 1er en attribua officiellement la propriété à Honoré de Porcelet, seigneur de Fos. En 1561, ce dernier y accorda aux Fosséens un droit de pêche, à condition de lui réserver le tiers du poisson. Une délibération du conseil municipal de 1779 se félicite de l’édification du canalet, qui a amélioré la circulation de l’eau de mer dans l’étang – conçue pour « détruire les miasmes morbides » et « y amener une plus grande abondance de poissons » : « Les maladies épidémiques émanées de l’étang de l’Estomach avaient cessé et pendant que les communes environnantes étaient frappées par les fléaux que le voisinage d’eaux stagnantes leur occasionnait, la population de Fos respirait un air pur ». Les temps changent !

 

Les mélets fosséens, made in canalet !

Gastronomie : les fameux mélets fosséens sont aujourd’hui encore confectionnés par quelques familles à base des « cabassons », alevins péchés dans le canalet qui relie l’étang à la mer ! Les petits poissons de 2 à 5 cm sont mis à faisander plusieurs mois dans une saumure puis broyés et aromatisés de fenouil, laurier, clous de girofle, huile d’olive et beaucoup de poivre. Le goût est puissant : à déguster par exemple, comme l’anchoïade, pour relever des légumes crus croquants.