Assis côte à côte, ils sont les deux doyens du jour, âgés de 87 ans. Heureux d'être là à plaisanter tranquillement sous le soleil de la Crau, en cette magnifique fin de matinée de décembre, à l'heure de l'apéritif au Mas du Coucou. Le plus vieux de quelques mois, c'est Hugues Biagetti. «Je suis né juste à côté d'ici, mon grand-père y avait un mas », nous précise-t-il. D'où la pratique de la chasse remontant à l'adolescence : « Je chasse depuis l'âge de seize ans, ça fait depuis 1948 », calcule-t-il. Étienne Durand a commencé encore plus jeune, à 14 ans. Les deux hommes ont répondu présent à l'invitation de la société de chasse Le Renard, pour la traditionnelle journée des anciens qu'elle organise chaque année, pour une vingtaine des doyens de l'association.

Au programme pour débuter, une petite partie de chasse le matin - et trente faisans comme butin. « Je n'ai pas tiré un seul coup de feu ! », confesse Étienne. « Ça, c'est Alzheimer qui couve ! », le moque gentiment Hugues, hilare, qui avoue pour sa part deux coups de fusil et un faisan abattu. Anecdotique : avant tout, cette journée permet les retrouvailles de vieux copains, histoire de passer un bon moment ensemble, au grand air, dans la nature. Après l'apéritif, un bon repas attend nos chasseurs, devant la flambée de l'impressionnante cheminée de la Maison de la chasse. Ils se régaleront d'une daube de sanglier - « une bête tuée à Fos », précise Christophe Sassarone, le président du Renard. Et nos anciens de la société de chasse se quitteront en se promettant de se retrouver l'an prochain, si tout va bien.