Primé au Festival de Cannes en 2012 par le Grand Prix de la sélection Un certain regard, Después de Lucía, film mexicain, décrit le calvaire enduré par une lycéenne de 15 ans, souffre-douleur de ses « camarades ». Et ledit calvaire devient vite celui du spectateur, tant cette violence montrée de façon clinique et glaciale est difficilement soutenable. C'est ce film coup-de-poing qu'a choisi le cinéma L'Odyssée et le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) de Fos-sur-Mer pour servir de support à une soirée de sensibilisation, mardi 22 octobre, au phénomène du harcèlement scolaire.

En amont, les adolescents de la Maison des jeunes et du Centre social fosséen avaient travaillé sur le sujet, réalisé un court-métrage (projeté en première partie du film) et une exposition comprenant affiches et bande-dessinée sur ce thème, présentée dans l'espace dédié du cinéma, où s'est également déroulé le débat, à l'issue de la projection. Ils étaient plus de 70 jeunes à y participer. Les échanges ont pris un tour poignant, lorsque deux jeunes courageux ont témoigné à tour de rôle de leur propre expérience de victimes de harcèlement scolaire. Autour de Mylène Reginato, coordinatrice du CLSPD, étaient réunis plusieurs intervenants : Vanessa Garouche, du Centre d'information des Droits des femmes et des familles d'Arles, Eddy Petit-Jean, de l'Espace santé jeunes de l'hôpital de Martigues, et Karine Bianucci, de la police nationale. Ils ont éclairé les jeunes de leur point de vue d'adultes référents.

Briser le silence et signaler les faits de harcèlement

Message à retenir de ce débat : la culpabilité est inhérente à la souffrance de la victime, qui ne devrait pourtant jamais se sentir coupable de ce qu'elle subit, et il est vital de briser le silence et d'en parler à des adultes, que l'on soit victime ou témoin, parce qu'on peut arrêter à tout moment cette spirale infernale, qui peut mener jusqu'à la mort. Elle est d'autant plus terrifiante quand elle se poursuit jour et nuit, en dehors du cadre scolaire mais dans le cyber espace, par le truchement de messages reçus sur un smartphone connecté « H24 ». Une soirée de sensibilisation très utile, qui a su mobiliser les jeunes pour, tous ensemble, dire non au harcèlement. Puissent-ils en convaincre tous leurs copains et connaissances.

Numéro Vert à composer pour signaler des faits de harcèlement : 3020
Accueil sur rendez-vous dans les locaux du CLSPD le mercredi matin : 04 42 47 77 63