Suite à l’appel à témoignages pour le projet « Les expatriés de Fos », c’est d’Alsace que Loreleï Delmas, fosséenne âgée de 30 ans nous a contacté la première. « J’ai quitté Fos en août 2010 pour faire des études en communication à Haguenau » nous annonce-t-elle d’une voix charmante que la Loreleï rendue immortelle par le poème éponyme du poète allemand Heinrich Heine pourrait envier.

« La société en Bâtiment – Isolation – Étanchéité où j’ai effectué mon stage de fin de cursus m’a embauchée, je me suis donc fixée à Rohrwiller, petit village de 1700 habitants du Bas-Rhin (67) » nous confie-t-elle. Pacsée et belle-maman d’une petite fille de 6 ans, elle s’épanouit, heureuse dans cette belle région à quelques encablures du Rhin, frontière naturelle avec l’Allemagne.

« Bien sûr je suis nostalgique de Fos, de son soleil, de ses plages, ici, la météo est moins clémente » lâche-t-elle dans un imperceptible soupir. « De plus, mes parents me rendent souvent visite et ont à leur tour découvert et apprécié la région. De mon côté, je suis heureuse de faire partager à ma petite famille les lieux où j’ai grandi lorsque nous venons en vacances dans ce sud que la France nous envie » précise-elle plus enjouée. « Nous faisons le tour de l’étang, contemplons les salins, j’adore aussi me rendre au marché du samedi et montrer l’école Giono, celle de mon enfance, les ruelles où j’ai joué, c’est un peu la transmission de ma vie de petite fosséenne ».

 

Des regrets de vous être éloignée du clocher de l’Hauture ? « Bien sûr, mais celui de Rohrwiller, s’il est moins imposant que celui de Fos n’en est pas moins charmant. Et puis, ironie de la situation, la SPSE (Société du Pipeline Sud Européen) est aussi implantée en bordure des champs et nous offre ici  la même vision de quelques grandes cuves, pour moi c’est une piqure de rappel qui me ramène à Fos et ses industries » s’en amuse Loreleï.

Petite question subsidiaire à notre gentille interlocutrice pour clore cet entretien : et l’hypothèse d’un éventuel retour ? « J’y pense, mon compagnon qui a appris à aimer la Provence ne serait pas contre, mais soyons honnête, sans être fermée à cette idée, je pense que ce rêve se concrétiserait à une échéance lointaine, à Fos ou ses alentours que j’affectionne ».

Remercions cette jeune « ex-fosséenne » au prénom atypique en Provence, prénom choisi par Sonia et Patrick ses parents, en souvenir d’une chanson d’Hubert-Félix Thiéfaine, et souhaitons-lui de revenir sur les bords de la Méditerranée et de garder son âme provençale et l’amour de son village. 

Rédaction : Philippe Soulat