« Vous savez, les enfants, ce n'est pas facile pour les seniors, en ce moment, explique Émeline, agent du service aux Aînés, à un groupe de 11 enfants de la Maison de Quartier du Mazet. Moi, je suis animatrice à La Farigoule, le foyer des seniors. Vous savez que ce sont les seniors ? C'est par exemple votre grand-mère et votre grand-père, ou vos arrières grands-parents pour certains. La Farigoule, c'est un peu comme une Maison de quartier : ils y viennent pour jouer aux cartes, par exemple, pour faire de la peinture, pour apprendre l'anglais... On leur propose différentes activités, comme à vous quand vous venez ici. Mais en ce moment, à cause du confinement, le foyer est fermé et ils sont obligés de rester chez eux, alors ils s'ennuient un petit peu. Et quand ils ont de la famille, elle est loin, elle ne peut pas trop venir les voir, ou les parents travaillent et leurs enfants font d'autres choses... Et comme ça va être Noël, c'est encore plus triste. »

En quelques phrases, Émeline a su tout de suite capter l'attention des enfants et susciter leur empathie. Le projet qu'elle vient leur proposer est une « co-production » du service aux Aînés et du Centre social fosséen. Dix couples ou seniors seuls ont été sélectionnés - « parce qu'ils ont très envie de recevoir vos lettres » - et il est demandé aux enfants s'ils sont d'accord pour leur adresser un courrier, par la poste. Les 11 minots sont tous immédiatement partants : chacun choisira un correspondant et, puisqu'il y a un enfant de plus que le nombre de seniors, l'un de ces derniers sera l'heureux destinataire de deux lettres.

Pour orienter le choix des enfants, l'animatrice leur a amené des fiches concernant les dix couples ou personnes concernés : il y a Christine, 71 ans, qui rit tout le temps et est très bavarde, Marie-Thérèse, 74 ans, dont le grand plaisir est de se promener avec ses deux chiens, Marie, 89 ans, qui adore faire des gâteaux, tricoter, peindre... « Moi aussi je fais des gâteaux, des cookies », réagit une fillette. « Ça te fait déjà un point commun avec elle, tu pourrais lui écrire », suggère Émeline. Avant de pouvoir organiser une rencontre à La Farigoule, plus tard, après la crise sanitaire, « Ce qui compte, c'est dire à ces seniors que quelqu'un pense à eux. »