La cérémonie des Noces d’or et de diamant constitue chaque année un temps fort très attendu par les couples et leur famille – il n’est pas rare que quatre générations soient représentées ! -, pour un moment toujours chargé d’émotion, d’humour et de tendresse. Cette année, huit couples étaient inscrits à l’heure où nous mettons sous presse, six fêtant leurs noces d’or (50 ans de mariage) et deux célébrant leurs noces de diamant (60 ans). Quatre d’entre eux ont accepté de répondre à nos questions. Tranches de vie. 

Coup de foudre à l'espagnole

Lorsque Regino  rencontre Manuela, c’est le coup de foudre : « Son sourire m’a séduit », confesse Regino, avec ce délicieux accent ibérique qu’ils ont tous deux gardé. L’homme est âgé de 19 ans mais sa promise n’en a que 16. Qu’à cela ne tienne : ils attendront cinq ans pour se marier, ce qu’ils feront en août 1969 dans leur pays natal, l’Espagne, en l’occurrence sur une plage de la Costa Brava. Ils habitent pourtant déjà la France, depuis janvier 1969, Regino travaillant comme soudeur aux chantiers navals de La Ciotat, puis chez Naphtachimie et BP. La raison de cet exil est économique : « Je gagnais trois fois plus qu’en Espagne ! », explique-t-il. En 1971, le couple pose ses valises à Fos-sur-Mer. Ils rentrent au pays visiter la famille chaque année, à Toro (près de Madrid), mais avouent : « On ne pourrait plus vivre là-bas, au bout d’un moment on a envie de revenir à Fos, où on se sent très très bien. »

Le faux coiffeur de Tunis

François est né en 1935 à Tunis, où il rencontre la Marseillaise Céline : « C’était à la plage et quand je suis arrivé, François était en train de se baigner ; notre rencontre s’est faite dans l’eau !, raconte-t-elle. Après la baignade et avant d’aller danser – il y avait bal tous les dimanches à la plage -, il m’a complimentée sur mes cheveux et m’a demandé s’il pouvait me coiffer. Je lui ai répondu qu’on ne touchait pas à mes cheveux, ce à quoi il a rétorqué avoir été coiffeur, ce qui était faux ! » Ce petit mensonge ne les empêche pas de se marier en juin 1959, à Tunis, avant de s’installer à Fos-sur-Mer en 1981, où François, ingénieur mécanicien, a trouvé du travail. Et après 60 ans de mariage, comment ça va ? « On s’aime chaque jour un peu plus », nous fait fondre Céline.

Sur un air de Tango et de valse 

Avec "le quart d'heure américain", les filles invitent les garçons à danser le slow. Même chose avec "le tango bleu", en remplaçant le slow par le tango : c'est ainsi que Christiane a fait le premier pas, en invitant à danser Christian. Et nous voilà aujourd'hui 60 ans après leur mariage, pour célébrer leurs noce de diamant. « Tous les aléas de va vie, nous les avons traversés ensemble », résume Christiane. Le couple vit à Fos depuis 1971, et y coule des jours heureux. « Elle fait bien la cuisine, alors je la garde à la maison », plaisante Christian, qui s'occupe pour sa part de jardinage, taillant les haies et tondant la pelouse. 

Une autre histoire de danse avec une autre Christiane : là, c'est René qui a rusé pour l'inviter à danser la valse, ce qu'elle lui refusait, en la « coinçant » à l'entrée de la salle des fêtes, dans la Drôme où le jeune homme faisait ses classes. « Après cette danse, nous ne nous sommes plus jamais quittés », racontent-ils.

Si, tout de même : avant qu'ils ne se marient, il y a 60 ans, René est parti à l'armée, en Algérie, au départ pour 18 mois, mais il y resté 30 mois, « et 17 jours », complètent-ils en chœur, toujours complices comme au premier jour.