AU NOM DE LA TRANSMISSION

« Au collège, c’était compliqué de choisir une orientation », se souvient Thomas Leger (19 ans),  aujourd’hui, en dernière année de BTS de maintenance des systèmes de production au CFAI à raison de deux semaines par mois, les deux autres se déroulant au sein de l’aciérie ArcelorMittal Méditerranée, au département Finissage.

« Comme j’ai toujours eu un penchant pour les métiers pratiques, j’ai choisi de faire un Bac pro en maintenance des équipements industriels, explique-t-il. Ensuite, j’ai opté pour un BTS en alternance chez ArcelorMittal, pour mieux m’insérer dans le monde professionnel. Au début, j’étais en observation et en accompagnement, mais on me laisse de plus en plus d’autonomie. J’essaie de faire le maximum pour alléger le travail de mes collègues. Je me sens très bien dans l’entreprise parce que j’ai été très bien accueilli par l’équipe du Finissage et mon tuteur. »

 

Alexandre Rohrbach, 37 ans, est le tuteur de Thomas : « J’ai souhaité faire du tutorat parce que j’ai été moi-même apprenti, en mécanique auto.. Ça m’a beaucoup aidé de sortir de l’enseignement classique. Ce que j’ai eu la chance de recevoir, j’ai voulu le dispenser à mon tour. » « Je n’aimais pas moi non plus le cursus classique des études », intervient Thomas.

Mais attention : la dimension des études est bien présente dans l’alternance, et le jeune homme le sait bien : « Du fait que nous soyons deux semaines en entreprise, nous devons faire le BTS en l’équivalent d’un an de cours au lieu de deux, alors  il faut réviser le soir après la journée de travail à l’aciérie. Et il ne faut pas seulement satisfaire l’entreprise, mais surtout ne pas négliger l’école, sinon il peut y avoir rupture de contrat. » Thomas ne devrait pas connaître ce genre de mésaventure et décrocher son BTS en juin. Et après ? « Je pense continuer à faire des formations spécialisées, pour avoir un éventail de possibilités plus large. »

 

 

ÊTRE PRÉPARÉ À LA VIE PROFESSIONNELLE

Nouvellement salarié de la raffinerie Esso de Fos-sur-Mer, Matthieu incarne parfaitement la réussite du parcours d’un alternant. À la suite d’un BTS Conception et réalisation de systèmes automatiques, il a intégré IFP Training à Martigues, un établissement qui forme aux métiers du pétrole et du gaz, pour préparer un brevet d’opérateur, en alternance au sein d’Esso Fos. 

« Ce mode de formation présente l’avantage d’être très présent dans l’entreprise, et ainsi d’être totalement intégré dans une équipe attitrée. Le rythme d'une semaine en formation / deux semaines en entreprise, nous prépare déjà à celui que nous allons avoir par la suite.

Même à faire les quarts de nuit ! Nous avons ainsi une approche de la réalité de notre future vie professionnelle ».

Le suivi personnalisé est également un atout de cette formation interne au sein de la raffinerie. « Chez Esso, l’alternant a un parrain, qui travaille auprès de lui sur le terrain, et un tuteur qui supervise tout le suivi administratif.

Je me suis ainsi enrichi de leurs expériences respectives, dont ils m’ont fait régulièrement retour afin que je monte en compétences. L’entreprise est très attentive à l’acquisition de nos compétences et le suivi dont nous profitons est approfondi. C’est grâce à cet encadrement et mon investissement que j’ai développé les qualités nécessaires pour assurer les missions d’opérateur. Suite à l’obtention de mon brevet d’opérateur en septembre 2018, j’ai intégré Esso en qualité de salarié et suis aujourd’hui en CDI. À 21 ans, c’est un parcours vraiment réussi ! ».

 

L’ALTERNANCE, C'EST TOUT BENEF' !

C’est dans l’espace high-tech de co-working du pôle UIMM Paca d’Istres, que quatre apprentis du Bac Pro Mélec nous ont convaincus, sans aucune hésitation, des avantages de l’alternance. « La formation est vraiment plus efficace, confie Bastien Iseux, 16 ans, en alternance chez Artelia industrie Martigues.

Contrairement à l’enseignement général que j’ai testé en faisant une seconde générale, j’ai vraiment maintenant le sentiment d’apprendre quelque chose qui peut me servir. C’est vraiment très motivant ».

Pour autant le rythme est intensif. « Nous  sommes des salariés, nous ne profitons plus des vacances scolaires. Nous avons les mêmes congés que nos collègues de l’entreprise, explique Dylan Estrada, 18 ans, en alternance au sein du groupe Snef.

Pendant nos semaines en entreprises, nous devons valider des compétences. Des fiches d’activités, visées par nos tuteurs, sont remplies pour chaque période. Nous progressons ainsi sans cesse ».

Cette démarche pédagogique qui s’ancre dans la pratique pour l’acquisition de la théorie remporte tous les suffrages. « Nous avons ainsi une vraie valeur professionnelle, on nous fait vraiment confiance dans l’entreprise, souligne du haut de ses 16 ans, Noah Meloni, en alternance chez Protex.

Grâce à l’expérience que nous acquérons ainsi, nous savons que nous aurons plus de débouchés à la fin de nos études. C’est très sécurisant ». « En plus, cette expérience professionnelle est enrichie par la relation que nous avons avec notre maître d’apprentissage, ajoute Lucas Philibert, 17 ans, en alternance chez D3E.

Il nous transmet ses trucs, nous avertit des erreurs à ne pas commettre. Nous devenons ainsi de vrais professionnels ». Et cerise sur le gâteau, l’apprentissage est rémunéré. « C’est certain, c’est super motivant, entonnent d’une seule voix les quatre apprentis. Gagner 750€ par mois à 17 ans en étant formé, cela permet déjà d’avoir des projets. C’est tout bénéfice ! »