N’allez pas dire au lieutenant Yannick Bonnefoi, qui vient de prendre le commandement du Centre de secours, qu’il n’est jamais survenu d’incident grave sur la zone industrielle de Fos-sur-Mer ! 

« Justement, ce n’est pas pour cela qu’il faut relâcher notre attention, rétorque-t-il. Même si le Centre de secours de Fos-sur-Mer est très opérationnel, il ne faut pas se reposer là-dessus. Le secteur évolue et il faut continuer à rester en éveil, à prendre en compte l’ensemble des risques liés à ses évolutions. Je défends le secteur le plus à risque de France – il n’y a qu’un seul risque qui n’existe pas à Fos, c’est celui des avalanches ! - et ce risque ne va pas aller en s’amenuisant… » Pas de catastrophisme en l’occurrence, juste l’affirmation d’une nécessaire et constante vigilance. Originaire de Montauban mais formé puis en poste pendant 18 ans chez les pompiers de Paris, le lieutenant y a fini comme chef de centre, il y a 10 ans, et toujours exercé le commandement depuis. 

Le dernier centre qu’il a dirigé, avant de venir à Fos, était celui d’Honfleur (Normandie). « J’avais la volonté de quitter le pays de la pluie, sourit-il. Et aussi d’intégrer un département qui offre de belles opportunités de  arrière. » Le service départemental des pompiers des Bouches-du-Rhône, compte tenu de leur densité de population et des risques qui y coexistent, représente en effet l’un des plus importants de France. Comment Yannick Bonnefoi y envisage-t-il sa nouvelle mission ? « Je dois d’abord commencer par apprendre à connaître ce secteur, à le découvrir. Une zone industrielle aussi énorme et aussi stratégique, il n’y en a pas beaucoup ! » Commander le Centre de secours de Fos-sur-Mer représente donc une importante responsabilité… « J’en ai pris conscience du fait des caractéristiques du secteur, assume-t-il. 

La spécificité du risque industriel est intégrée à notre préparation et à notre formation au quotidien, et le matériel dont nous disposons y est adapté. De plus, on n’est jamais seul ! Il y a le Service départemental d’incendie et de secours qui nous épaule, et j’ai trois officiers professionnels qui me secondent. Donc c’est une responsabilité, oui, mais on est là pour ça ! »