Le ton est donné dès l'entrée dans le stade, avec cette sympathique initiative des organisateurs de l'Office de tourisme de faire distribuer gratuitement chapeaux, perruques multicolores, improbables lunettes et serre-têtes surmontés de drôles d'antennes en forme de boules à facettes. Cinquante bénévoles du Club de plongée et d'activités sous-marines de Fos-sur-Mer sont mobilisés pour tenir les deux buvettes et fournir sandwichs et rafraîchissements à un public clairement venu pour s'amuser. Et cette bonne humeur générale ne se démentira pas de tout le spectacle, durant presque trois heures de folie festive.

Sur scène, des artistes ravis de constater que leurs tubes sont encore dans toutes les têtes, le public en reprenant en chœur les paroles. Présenté par l'animateur Laurent Petitguillaume, le show est ouvert vers 21h15 par Thierry Pastor, qui interprète ses deux tubes Sur des musiques noires et Coup de folie. Lui succède Raft et Yakadansé, et le public le prend au mot, dansant de plus belle. Desireless monte à son tour sur scène, non sans mal, souffrant d'une jambe : « Je m'appelle Claudie et je suis claudicante ce soir », explique-t-elle, s'excusant de rester assise, « Mais ça ne va pas m'empêcher de chanter ! » Et elle gratifie Parsemain d'une magnifique version acoustique de Voyage, voyage, seulement accompagnée des arpèges tout en arabesques du guitariste Valfeu. Avant de remettre pleins gaz avec une reprise survitaminée du Sweet dreams d'Eurythmics. Lio arrive ensuite, radieuse et en pleine forme, bondissant sur scène pour enchaîner impeccablement Les brunes comptent pas pour des prunes et Banana split.

Jean-Pierre Morgand (Les Avions) trouve quà Parsemain, « La nuit est chaude, elle est sauvage » et Sloane, désormais sans Peter, n'a « Besoin de rien, envie de... vous, Fos-sur-Mer ! » Alain Llorca, son ex-bassiste, fait revivre Gold en trois titres, Plus près des étoiles, Laissez-nous chanter et Capitaine abandonné. Zouk machine prend la scène d'assaut pour une prestation qui fait « bouger le popotin », comme le dit Christiane, leader du groupe, à tout le stade : leur medley mêle La Lambada, À nos actes manqués de Goldman, Au bal masqué (La Compagnie créole) et Saga Africa. Suit Maldòn la musique dans la peau »), N°1 des ventes de singles pendant 9 semaines consécutives en 1990 et disque de platine avec plus d'un million d'exemplaires vendus, qui n'a rien perdu de sa pêche communicative : les trois Guadeloupéennes ont livré un set d'une rare puissance, vraiment ! On reste dans la danse avec Pedro Castaño et son imparable Macarena, dont Parsemain reprend la chorégraphie, avec les quatre danseuses sur scène, qui viennent régulièrement ponctuer le show avec charme et grâce. Et voilà notre Pedro qui fait une déclaration d'amour à la France, « ma deuxième maison », explique-t-il en français, avant d'enlever sa chemise pour apparaître avec un maillot tricolore barré du slogan « Tous avec les Bleus » sur son deuxième titre, reprise du Maria Un, dos tres ») de Ricky Martin.

Un Patrick Juvet un tantinet titubant tente ensuite de chanter I love America puis Où sont les femmes, mais le groupe et les choristes assurent heureusement comme des brutes et les délicieuses danseuses font le reste : Parsemain continue de danser avec elles. Julie Piétri, à la voix sûre et puissante, interprète trois titres (dont Maria-Magdalena et Ève, lève-toi), avant que le très fringant Jean-Luc Lahaye, sur lequel les années semblent ne pas avoir de prise, ne déboule en blouson de cuir pour chanter Débarquez-moi, puis n'ôte ledit blouson pour arborer un petit débardeur sur Femmes que j'aime, fidèle à sa réputation de séducteur. L'honneur de clôturer le spectacle revient à Plastic Bertrand, qui débute par une reprise implacable du Bambino de Dalida à la sauce punk, poursuit par un dispensable Tout petit la planète et finit en beauté avec le mythique Ça plane pour moi, qui déclenche une chenille sur la pelouse, devant la scène ! Il est près de minuit et c'est déjà l'heure du final : tous les artistes remontent sur scène et la troupe rend hommage à Johnny en reprenant Allumer le feu. Les sourires sont sur tous les visages. Le Concert 80's a donné lieu à une grande fête collective et apporté du bonheur aux plus de 8000 spectateurs présents. Que demander de plus ?