Hier soir s'est tenue la dernière séance de Kozon d'ado, l'atelier de la parentalité organisé en partenariat par le service Jeunesse, le Centre social fosséen, le CLSPD et l'association Addiction Méditerranée. Ces rendez-vous trimestriels sont animés par un intervenant spécialisé sur les questions de l'adolescence, le psychologue Alain Madiouni, d'Addiction Méditerranée. Kozon d'ado se veut un espace d'écoute et de parole propice pour aborder les questions relatives à l'éducation et aux rapports entre les parents et leurs ados, dans une ambiance conviviale et chaleureuse. La dernière séance de l'année 2017-2018 n'a pas dérogé à cette règle.

Autour d'Alain Madiouni, Stéphanie Dritzas, directrice adjointe du Centre social fosséen et responsable de la Maison de quartier du Mazet, et Raphaël Carboni, animateur à la Maison des jeunes, ont pu intervenir pour livrer des éclairages tirés de leur pratique professionnelle. Quatre mamans s'étaient présentées pour participer à l'atelier, partager leur vécu et leurs interrogations dans une atmosphère de bienveillance et de complicité.

« En tant que psychologue, depuis le début de mon activité, j'ai toujours travaillé sur l'adolescence; j'ai un intérêt particulier pour cette période de la vie, qui est un moment très riche mais extrêmement difficile à traverser, a introduit Alain Madiouni. Je suis là pour partager mon expérience avec vous, mais vous savez des choses vous aussi et nous sommes tous là pour mettre en commun ce que nous avons appris, moi comme psychologue et vous en tant que parents. » Ce sont à ces derniers qu'il revient d'introduire le débat : « Auparavant, nous fixions des thèmes mais nous nous sommes aperçus que les parents savaient très bien de quoi ils ont envie de parler », explique Stéphanie Ditzas. Marie* est alors la première à dégainer, confrontée à ce qu'elle nomme « une addiction » de ses filles à leur smartphone. Notamment liée à l'utilisation compulsive de l'application Musicali, qui permet d'enregistrer de petits clips vidéo en playback. « C'est la course aux "likes", comme une compétition de popularité », commente Raphaël Carboni. On est en plein dans la fragilité adolescente liée à l'image que l'on projette... « Je pense qu'il ne faut pas diaboliser l'objet - le smartphone en l'occurrence -, mais c'est l'utilisation qui en est faite qui peut poser problème, intervient le psychologue. Il faut fixer des limites, les adolescents en ont besoin, ils ont besoin de repères, même s'il n'est pas toujours facile de dire "non" ». Les mamans autour de la table opinent. « C'est vrai que, moi, j'ai beaucoup de mal à dire non », confie Charlène*. « On ne peut pas dire non tout le temps, on serait inhumain !, tempère Alain Madiouni. Il faut trouver l'équilibre entre le oui et le non. Et ne pas opposer aux adolescents l'arbitraire ou l'aléatoire, mais prendre appui sur nos propres valeurs, leur expliquer le pourquoi de notre décision, être ferme mais pas rigide... » La discussion, à bâtons rompus, va durer jusqu'à 19h30, les parents multipliant les anecdotes personnelles. « Entendre tout ce qu'il s'est dit ce soir, ça m'a fait du bien, conclut Sylvie*. Ça me conforte, ça m'ouvre des horizons... »

Comprendre que nous ne sommes pas seuls à vivre ce que nous vivons, échanger entre parents, avec le psychologue et les animateurs, partager les sentiments ressentis dans certaines situations et esquisser des pistes de solutions dans ce difficile métier de parent d'ado... Là n'est pas le moindre des mérites des ateliers Kozon d'ado, qui reprendront à la rentrée 2018-2019.

*Les prénoms ont été modifiés