Courir, pédaler, pagayer : 13 ans déjà que Fos canoë-kayak organise ce triathlon original, où le kayak remplace la natation. Un concept qui plaît : le chiffre 13 aura ainsi porté bonheur au club fosséen; après les 188 inscrits de l'an dernier, pour 183 partants, le Premier adjoint, Jean Hetsch, avait lancé à l'équipe dirigeante du club : « L'année prochaine, objectif 200 ! » Résultat de l'édition 2017 du Kayathlon ? « Objectif atteint, peut aujourd'hui répondre son président, Rémy Tamas, satisfait. Nous avons eu 201 participants exactement, et tous ont couru. »

Une grosse organisation

À vrai dire, difficile de faire beaucoup mieux, à cause des contraintes logistiques : « Les clubs viennent avec leurs propres embarcations, explique-t-il. Mais la course est aussi ouverte aux personnes qui n'en font pas partie et il faut donc leur proposer un kayak... Cette année, nous avons ainsi fourni 88 bateaux. Nous mettons aussi à disposition 15 VTT, pour ceux qui viendraient sans le leur. Mais s'il y a trop de participants, nous n'aurons pas assez de kayaks. » Rien que cet aspect sollicite de nombreux bénévoles : « Une équipe gère la distribution et la récupération des embarcations, commence le président. Il y a aussi un staff technique, pour se charger des inscriptions et de la remise des dossards, un autre qui s'occupe du ravitaillement des concurrents, et puis celui de la cafétéria, qui fait sandwichs, frites, barbecue  - nous avons vendu environ 200 sandwichs - et sert les boissons. Nos bénévoles jouent aussi le rôle de "signaleurs", postés à différents endroits sur les parcours, qui veillent à la sécurité et effectuent les pointages des concurrents, comme ceux qui sont à bord des quatre bateaux chargés de la sécurité sur l'étang de l'Estomac. C'est beaucoup de travail ! En tout, une soixantaine de bénévoles sont mobilisés. Je le leur ai dit : "Sans vous, il n'y aurait pas de Kayathlon. »

Ce dévouement n'est pas le seul secret de la réussite de cette manifestation. Elle tient aussi au cadre exceptionnel dans lequel elle se déroule : sur et autour de l'étang de l'Estomac, un site enchanteur digne de ce que les Fosséens nomment leur « écrin de vie ». Autre atout, son caractère accessible à tous, à partir de 7 ans: il y a certes le parcours Élite de 38,5 km (8,5 km de course à pied, 24 en VTT et 6 en kayak), pour les costaud-e-s, mais on peut aussi s'inscrire pour une épreuve de 5,1 km ou une autre de 14,3 km, dernier parcours que l'on peut aussi pratiquer en duo. L'occasion de former des équipes familiales, comme celle du colonel Jean-René Villecroze, bientôt 70 ans, avec... son petit-fils, Roméo, 9 ans. « C'est une superbe compétition, très bien organisée, témoigne-t-il. Et elle est abordable par tous. C'est le kayak le plus compliqué, le plus technique, pour savoir pagayer à deux. » Et quel effet cela fait-il de courir avec son petit-fils ? « On ne s'est pas quitté pendant toute la course... Sur le plan émotionnel, c'était magnifique ! » Roméo était le plus jeune compétiteur sur la distance de 14,3 km : « À l'issue de la course, il m'a dit : "Alors, Papy, tu comprends maintenant de quoi je suis capable ? »

Des Fosséens qui brillent

Autre duo familial, celui formé par Aurélie Briout, 17 ans, et sa cousine Maëlle Térol, 19 ans. Cette dernière est adhérente de Fos canoë-kayak, et Aurélie l'était jusqu'à l'an dernier - elle fait désormais de l'athlétisme. « On est contentes, on a fini ! », s'exclament-elles. Comment s'est passée la compétition ? « Pas facile, répond Maëlle, j'ai déraillé à vélo... À la course, on n'a fini que 5e. On s'est bien rattrapées au kayak, mais on finit à moins de 5 secondes des gagnantes, on est un peu dégoûtées ! »

Sous les couleurs de Fos canoë kayak couraient aussi Clément et Fabrice Rodriguez, le fils de  16 ans et son papa de 43 ans, qui se sont pour leur part hissés sur la 3e marche du podium : « C'est de l'effort et du plaisir, commente Fabrice; on se fait un peu violence pour dépasser ses limites, c'est le principe du sport... » Quant au fiston, il s'est « éclaté » : « Je l'avais déjà fait l'an dernier, mais cette année, ça n'a rien à voir ! » La médaille de bronze vient ainsi récompenser tous les progrès accomplis depuis un an, en même temps que concrétiser un beau moment de partage père-fils.

Parmi les Fosséen-ne-s qui se sont distingué-e-s par leur résultat, Stéphanie Amey décroche elle aussi la 3e place, en duo féminin, juste derrière Aurélie et Maëlle, pour l'équipe Les traileuses qu'elle forme avec son amie Carol Camus. Dans la famille Amey, il y a aussi le mari, Xavier, du Fos olympique club, qui concourait en Élite. Au terme de 38,5 km harassants, il signe une magnifique performance même s'il termine à la plus mauvaise place, 4e, au pied du podium.

Signalons aussi le joli geste des pompiers du Centre de secours de Fos, qui alignaient trois équipes pour courir aux couleurs de l'association Fos handicap enfants extraordinaires. « Nous avons voulu courir pour une bonne cause et montrer que tout le monde peut être proche d'un enfant handicapé, explique l'un d'entre eux, Fabrice. Et on s'est régalé ! À refaire. »

Un rayonnement interrégional

Preuve du succès du Kayathlon de Fos-sur-Mer, des équipes viennent de partout pour y participer. Cette année, les kayakistes marseillais alignaient par exemple 30 inscrits, et ceux de L'Isle-sur-la-Sorgue, venus en minibus - 1h30 de route -, 12. D'autres venaient de Nîmes, de Pertuis, d'Ardèche... Ce rayonnement interrégional illustre combien le Kayathlon a su s'imposer comme un rendez-vous incontournable, fête du sport et de l'amitié.

Dans notre galerie de photos, le reportage signé Michel Serra. Vous pourrez y reconnaître Aurélie et Maëlle (dossard 228), Clément et Fabrice (235), Jean-René et Roméo (216), Stéphanie (226) et Xavier (301). Plus de photos sur notre page Facebook : de la compétition et de la remise des prix.