La raffinerie Esso a été le premier établissement industriel à s’installer sur le site de Fos-sur-Mer, en 1965. Aujourd’hui, au sein de la filiale d’Esso S.A.F du groupe ExxonMobil, cette raffinerie est une des plus performantes dans les classements mondiaux. Elle assure la production de carburants (gaz, essences, kérosène et gazole) et combustibles : les fiouls lourds et les fiouls domestiques. Elle dispose d’une capacité de traitement de 6,7 millions de tonnes de brut par an.

D’importants investissements

En ce début d’année 2017, le site de Fos-sur-Mer procède à son grand arrêt réglementaire, le plus important depuis sa création. Il est anticipé au niveau de la gestion des stocks de produits, avant et pendant, afin que la raffinerie soit toujours en mesure de satisfaire ses clients jusqu’au redémarrage des unités. Préparé depuis deux ans et demi par une équipe spécialement dédiée, le grand arrêt (réalisé à une fréquence de six ans) permet de procéder aux visites réglementaires et aux tests hydrauliques d’épreuves des équipements. Il est aussi nécessaire pour assurer le maintien des performances des unités. La raffinerie profite de cet arrêt pour réaliser des projets d’amélioration. Ces derniers remplissent les objectifs suivants :

  • Améliorer l’efficacité énergétique de la raffinerie, en réduisant la consommation d’énergie du site et ses rejets, avec notamment des travaux d’intégration thermique sur le naphta-hydrofiner ;
  • Redonner une nouvelle jeunesse à certaines unités, notamment le craqueur catalytique avec le changement du réacteur et de la tête et des cyclones du régénérateur. Cette nouvelle pièce de 150 tonnes, surnommée « méduse » en raison de sa forme, a été mise en place le 16 février. L’ancienne sera conservée jusqu’à ce que soit vérifiée la fiabilité de la nouvelle. Seront aussi remplacé le toit d’un bac et remis à neuf quelques fours.

Ce grand arrêt est le plus important en termes d’investissement réalisé sur le site de Fos-sur-Mer depuis sa création. Un indicateur précieux et positif pour la confiance qu’a le groupe ExxonMobil en l’avenir du site. Les améliorations apportées aux installations, en matière d’intégration énergétique, vont aussi doper la compétitivité de l’installation industrielle.
Ce grand arrêt est aussi une aventure humaine. Jusqu’à 1750 personnes travaillent chaque jour sur le site, alors qu’en temps habituel, la production est assurée et supervisée par 200 salariés. Des renforts Esso / ExxonMobil viennent d’Angleterre, d’Italie, du Canada, de Thaïlande et même d’Australie, ainsi que de l’autre raffinerie française Esso de Normandie (Notre-Dame-de-Gravenchon). Au total, ce sont environ 610 000 heures de travaux qui seront effectuées, et environ 480 équipements visités et contrôlés. Une centaine d’entreprises, en majorité française, interviennent sur le site.

Etant donné le nombre de personnes présentes sur le site, pour la première fois pour ce grand arrêt, Esso a mis en place une cafétéria ouverte à tous. Elle accueille entre 600 et 800 personnes par jour, avec un service à midi, mais aussi entre 18h et 20h. Le tout pour une somme modique de 1,50€. Cette mesure très appréciée par les salariés des entreprises mobilisées sur le chantier, limite les déplacements extérieurs aux heures des repas et réduit ainsi la circulation autour du site.

Le défi numéro 1 : la sécurité

La société Esso est culturellement très attachée à la sécurité de ses salariés. C’est une priorité au coeur de ses process de production. Après avoir fait pendant plusieurs années, une chasse aux conditions de travail dangereuses, est actuellement mis en œuvre un important travail sur le comportement des salariés, afin de garantir leur sécurité. Cet objectif est affiché comme numéro 1 pendant ce grand arrêt, engendrant des mesures particulières.

Ainsi, un effort a été fait sur la composition des équipes, au sein desquelles il y a toujours un référent sur les questions de sécurité. En outre, un coach sécurité, appelé en interne « body manager », est affecté à chaque entreprise opérant sur le site. Chaque intervenant a reçu une formation théorique et pratique sur la sécurité sur un site Esso, et est porteur d’un passeport sécurité nominatif dans lequel sont référencées toutes les règles du site. Il prend aussi des « engagements sécurité », c’est-à-dire qu’il détermine quelles actions il va mettre en œuvre pendant le grand arrêt, pour sa sécurité et celle des autres. Ces engagements sont visés par le body manager. Chacun à son niveau œuvre ainsi à la sécurité de tous.

 

Opération « méduse »
C’est un évènement exceptionnel qui s’est produit pendant ce grand arrêt 2017, avec le changement de la tête du régénérateur du craqueur catalytique, appelé « méduse ». L’enlèvement de l’ancienne pièce, remplacée par une neuve pesant 150 tonnes, a nécessité la mise en place d’une grue elle-même très spéciale, de vingt mètres de haut. Les riverains de la raffinerie la remarquent d’ailleurs facilement grâce à sa couleur jaune éclatante. 50 semi-remorques ont été nécessaires pour acheminer les pièces détachées, montées par deux grues spécifiques. Trois semaines auront été indispensables pour l’assemblage de cet engin exceptionnel.