Au Centre communal d'action sociale (CCAS) de Fos-sur-Mer, une soixantaine de personnes âgées isolées sont recensées. Après presque huit semaines de confinement, suivies de la période incertaine que nous traversons aujourd'hui marquée, pour ces personnes vulnérables au premier chef face à la Covid-19, par l'injonction de sortir le moins possible, les temps sont particulièrement difficiles.

Aussi sept agents sociaux de proximité du CCAS se relaient-ils pour rendre visite aux personnes qui le souhaitent, la permission leur étant demandée au préalable par téléphone. Aujourd'hui, Béatrice, l'une de ces agents, vient voir Françoise Duval, 91 ans. « Je suis Fosséenne depuis toujours », affirme cette dernière fièrement. Avant de corriger : « Enfin, non, je suis née dans le Pas-de-Calais, mais arrivée à Fos à l'âge de quatorze mois ». Interdiction est faite aux agents de pénétrer à l'intérieur du domicile, par précaution sanitaire : la conversation se fera par la fenêtre, non sans que Françoise n'ait couvert son visage du masque que Béatrice lui a apporté. Elle ne l'enlèvera qu'à la demande de notre photographe, pour réaliser son portrait. Coquette, elle aura pris soin au préalable d'ajouter une touche de rouge à lèvres... Elle pose avec l'une de ses toiles dans les mains. Parce que « La peinture, c'est vraiment ma passion ! », confie-t-elle. Les murs de son appartement sont ornés de nombreuses de ses œuvres, qu'elle continue de réaliser, malgré sa vue qui baisse, avec une très belle maîtrise.

 

 

Durant le confinement et ce vrai-faux déconfinement qui suit pour elle - « Je compte les jours, c'est le 71e aujourd'hui ! » -, elle est sortie pour la première fois de chez elle... la veille. « Mon aide à domicile m'a accompagnée, explique-t-elle. Nous sommes allées jusqu'au bout de la rue et nous sommes ensuite un peu assises sur un banc », place de l'Hôtel de ville, à quelques mètres de son appartement. Pour se dégourdir les jambes ? « Oui, et pour respirer un peu. » Sa fille vit à Châteauneuf-les-Martigues et recommence à venir la voir de temps en temps. Elle est fière de ses deux petites filles, personnels soignantes toutes deux. Et puis il y a les visites des agents sociaux de proximité. « Je suis contente quand Béatrice ou l'une de ses collègues vient me voir, confesse-t-elle. Ça me fait vraiment plaisir. » Ce qui lui manque le plus, finalement ? « C'est l'atelier Peinture de la Farigoule, avec Marie-Jo, j'ai hâte que l'on reprenne ! » Françoise est également impatiente de pouvoir retourner déjeuner au Pistou, le restaurant des seniors. « J'ai le portage des repas à domicile en attendant », précise-t-elle. Merci encore à la Restauration municipale et au service aux Aînés ! Souriante et en bonne forme, Françoise accueille la drôle de période actuelle avec philosophie et sait prendre son mal en patience.