Autour du golfe de Fos, certains industriels utilisent de l’eau de mer pour refroidir ou chauffer leurs installations. Ce procédé n’est pas sans risque pour l’environnement car pour nettoyer et entretenir les canalisations, du chlore est envoyé dans l’eau qui circule dans les tuyaux pour empêcher la prolifération d’algues ou de crustacés. Une fois renvoyée en mer, cette eau peut contaminer la faune et la flore marine. Pour étudier les conséquences de ces rejets, l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions (IECP) a donc accompagné depuis 2017, Fos-sea. Pour ce projet, soutenu par l'Agence nationale de la recherche et mené par des laboratoires universitaires, en partenariat avec des industriels, l’IECP a mené, en trois ans, sept campagnes de prélèvements dans le golfe de Fos. À chaque fois, sur 25 points répartis entre Martigues et Port-Saint-Louis-du-Rhône, les scientifiques ont multiplié les analyses de l’eau, de l’air et des sédiments. Ils ont également analysé les niveaux en sous-produits du chlore dans des moules, des oursins sans oublier les poissons, notamment des congres, afin d’avoir un état des lieux le plus complet possible sur l’impact de ces rejets de chlore en mer.

 

Un bilan d'étape

Les différentes campagnes de prélèvements font apparaitre des taux de chlore acceptables d’un point de vue réglementaire, mais comme le souligne Philippe Chamaret, le directeur de l’Institut écocitoyen : « Notre objectif est bien d’avoir une vision globale des différents polluants impactant notre territoire. Les conséquences sur l’environnement et sur la santé sont différentes. Ces rejets en mer de composés chlorés peuvent, en réagissant avec la faune et la flore être toxiques pour l’environnement. Dans ce cas précis, il n’y a pas de quoi être alarmant pour notre santé, mais il ne faut pas négliger les conséquences sur le long terme. Ces résultats vont donc nous permettre de mieux cibler les opérations de prévention pour limiter l’impact environnemental. Sur Fos-Sea, nous travaillons en partenariat avec des opérateurs industriels et certains ont déjà annoncé qu’ils souhaitent renoncer à l’utilisation du chlore en le remplaçant par un produit moins polluant. » Initialement programmée le 3 décembre dernier et reportée en raison de la crise sanitaire, la réunion publique le jeudi 24 juin à partir de 17h30 au Centre culturel Marcel Pagnol sera l’occasion pour le public de rencontrer directement les scientifiques qui collaborent à Fos-sea et faire le point sur l’état de santé du golfe de Fos. 

 

Une association sur tous les fronts

Créé en 2010 par la volonté de la ville de Fos-sur-Mer et du San Ouest Provence, l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions (IECP) est une association chargée notamment de l’acquisition de connaissances scientifiques autour des questions sanitaires et environnementales. L’Institut organise également des actions de surveillance et de protection de l’environnement. Depuis sa création, l’Institut écocitoyen réalise des études sur les polluants contenus dans le sol, l’air ou en mer. Pour mener à bien ses missions, il peut compter sur l’ensemble de son personnel composé de cinq scientifiques et trois administratifs, sans oublier la centaine de volontaires, regroupés dans l’Observatoire citoyen de l’environnement qui sont mobilisés, au quotidien, auprès de l’association pour la mise en œuvre des différentes études. De nombreux partenaires, chercheurs, universitaires ou encore médecins généralistes participent aux travaux de l’IECP au sein du conseil scientifique. Situé au Centre de vie de la Fossette, l’Institut possède son propre laboratoire ainsi qu’une plateforme de recherche sur les particules ultrafines sans oublier une station mobile pour réaliser différentes mesures sur le terrain en cas d’événement accidentel. 


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